La plupart des victimes des violences conjugales ont l’habitude de dire que la pression psychologique fait encore plus mal que les coups. Le 25 juin dernier, une femme se présente au commissariat de Vénissieux pour déposer plainte. Elle était déjà venue deux semaines auparavant, mais avait finalement retiré sa plainte. Cette fois, elle tient bon. Elle affirme avoir été giflée, et frappée au moyen d’un catalogue promotionnel qui a été roulé pour faire un peu plus mal. Mais c’est un autre détail qui intrigue les enquêteurs. Cette femme a épousé il y a un an un Français en Algérie. Le couple est ensuite venu s’installer à Saint-Fons où l’homme vivait. Ce qui lui a permis d’obtenir un titre de séjour et des papiers. Sauf que ce précieux sésame lui a été confisqué par son mari, et placé au chaud dans un coffre-fort.
Seghir D. est interpellé et renvoyé en comparution immédiate à l’issue de sa garde à vue. Cet homme de 36 ans, qui a un casier vierge et qui travaille, ne semble pas comprendre ce qu’il fait là. Il admet les disputes mais réfute les coups. Il dit qu’il lui a acheté des bijoux et deux portables mais qu’elle en veut toujours plus. Il est revanche beaucoup plus embarrassé au moment de s’expliquer sur les papiers dans le coffre-fort. La victime, elle, n’est pas présente à l’audience. Un médecin lui a délivré 10 jours d’interruption totale de travail, un peu à cause de quelques ecchymoses, beaucoup en raison de sa détresse psychologique. «Elle est sous son emprise. Il ne lui laisse même la possibilité d’aller et venir» dénonce le procureur de la République qui a requis 18 mois de prison, dont 8 ferme. Le tribunal a finalement condamné le prévenu à 12 mois, dont 8 avec sursis et mise à l’épreuve pendant deux ans. Il a également décerné un mandat de dépôt pour la partie ferme, sans doute pour laisser le temps à la victime d‘organiser son départ du domicile conjugal.
http://www.leprogres.fr/rhone/2011/07/04/saint-fons-il-frappait-sa-femme-et-la-privait-de-ses-papiers
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