Curieux personnage que ce Francisco Leal Basalotte, 38 ans, demeurant à Séville en Espagne mais déclarant venir de Bruxelles.
L'homme admet facilement avoir transporté sciemment ces grosses quantités de stupéfiants. « De l'ecstasy pure, une valeur totale sur le marché clandestin de 178 880 euros pour le tout », déclare Patrick Cabon, le représentant des douanes. Le prévenu ne conteste rien : « J'avais des dettes en Espagne auprès de trafiquants de drogues, j'avais perdu un chargement », dit-il. Et d'ajouter : « Je n'avais pas le choix, je devais faire ce transport pour commencer à rembourser mes dettes, j'avais eu des menaces sur moi, ma famille et mes enfants. » Est-ce vrai ? Est-ce faux ? Le procureur Jean-Francis Créon s'étonne que le passeur, si de telles menaces existent vraiment, n'ait pas été les dénoncer à la police ou à la gendarmerie espagnoles.
Curieux aussi cet homme qui, alors que son casier judiciaire est apparemment vierge, affirme sans complexe dans le box qu'il a déjà été inquiété en Espagne pour avoir contribué à transporter des tonnes de cannabis. Il y aurait d'ailleurs déjà purgé des peines de prison. Quant à ses commanditaires, il donne un nom (« celui qui a fait que je me trouve ici » dit-il par le truchement d'une interprète) et des numéros de téléphone. « C'est invérifiable », tranche le procureur Jean-Francis Créon. « Comment peut-on savoir que c'est invérifiable ? » s'indigne Me Quentin Lebas en défense. Et d'ajouter : « Il faudrait savoir. Si un passeur de drogues dit ne rien savoir de ses commanditaires, on explique qu'il ne veut pas collaborer à l'oeuvre de la justice. Si, au contraire, il révèle des éléments, on estime du côté de l'accusation que c'est sans importance ! » Pour le procureur Créon, le prévenu est un « élément important dans un trafic de stupéfiants qui est une plaie sociale, un élément important dans l'économie souterraine qui sape les fondements de notre société ». Quatre ans de prison ferme sont requis.
Du côté de la défense, on ironise : « C'est un élément important mais on ne fait aucune enquête sérieuse et on le passe en comparution immédiate !
C'est d'une exceptionnelle gravité mais on ne prend même pas les éléments qu'il livre au sérieux ! » Me Quentin Lebas conclut : « Je ne connais d'ailleurs pas de gros trafiquant de drogues qui passerait lui-même la frontière au volant d'une minable Toyota. » Le prévenu lance : « J'ai fait ça pour protéger mes enfants ! » Après délibérations, la poire est coupée en deux : deux années de prison tombent
http://www.nordeclair.fr/Actualite/Justice/2011/08/19/des-kilos-de-stupefiants.shtml
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