vendredi 19 août 2011

Vandoncourt (25) : non-lieu possible dans l'affaire Zaretti

À deux jours d’une reconstitution partielle, prévue ce vendredi, l’affaire du meurtre de Cécile Zaretti, tuée de 50 coups de couteau à Vandoncourt en octobre 2010 (nos différentes éditions), connaît d’importantes évolutions. L’expertise psychiatrique du meurtrier présumé, Anthony R., un Audincourtois toxicomane de 28 ans, a conclu à « une abolition totale de son discernement au moment des faits ». Dans son rapport, communiqué récemment, l’expert dijonnais évoque « une dépersonnalisation », une perte du sens de la réalité. L’avocat du suspect, M e Euvrard, reconnaît que de telles conclusions sont rares : « Mais ce qui en ressort, c’est que mon client n’est pas en état d’être jugé. Il n’est pas, pour l’instant, responsable pénalement. » Sauf si le représentant de la partie civile, la famille endeuillée, demande une contre-expertise, ce qui devrait être le cas. Le bras de fer judiciaire promet d’être long.
Voilà de quoi compliquer la tâche de la juge d’instruction Sophie Baghdassarian, en charge de ce dossier déjà bien épineux. Car si le suspect admet avoir eu rendez-vous avec la jeune femme le soir de sa disparition (le 11 octobre 2010) à Vandoncourt pour un achat d’héroïne, Anthony R. continue à nier le meurtre. Il répète qu’il a découvert le corps de la victime dans le village et qu’il l’a transporté, paniqué, sur un sentier de promenade d’Abbévillers, pour le cacher. La mère de famille avait été retrouvée gisant sous un amas de feuillages, le matin du 24 octobre, soit treize jours plus tard, par des chasseurs.
D’autres traces ADN masculines
« Des investigations de police scientifique, de téléphonie et des témoignages le mettent en cause », affirmait la procureure Thérèse Brunisso après son interpellation en janvier 2011. Pour autant, il reste bien des points d’interrogation. L’arme n’a toujours pas été retrouvée. De plus, d’autres traces ADN masculines ont été décelées sur le corps de la Vandoncourtoise : « J’ai écrit à la juge d’instruction il y a une quinzaine de jours. Je n’ai toujours pas de réponse. J’aimerais que l’on compare ces traces avec celles de l’homme soupçonné d’une tentative de meurtre en juillet dernier à Seloncourt (notre article du 9 juillet). Il y a peut-être des liens avec le meurtre de Cécile Zaretti », note M e Euvrard.
Les enquêteurs ont aussi fait le rapprochement. Sur quel fondement ? Le Seloncourtois, schizophrène (sa mère a livré un témoignage poignant sur sa maladie dans notre édition du 12 juillet), est connu pour ses pulsions sexuelles pour les jeunes femmes et l’utilisation d’un couteau lors de ses agressions. D’après une source proche du dossier, il a une certaine fascination pour leurs chaussures. Or, celles de Cécile Zaretti ont disparu. Enfin, le Seloncourtois habite à proximité de Vandoncourt (un chemin de 150 mètres rejoint la commune à Seloncourt). Mais les deux hommes ne semblent pas se connaître. Ces pistes d’investigation sont donc encore bien fragiles.
Des complices ?
Au niveau de l’instruction, l’implication de l’Audincourtois reste privilégiée et les enquêteurs n’excluent pas des complices. Vendredi après-midi, à l’issue d’une présentation d’Anthony R. devant la juge d’instruction, une reconstitution partielle aura lieu à Montbéliard. Objectif ? Savoir s’il a pu « charger » seul la jeune femme dans sa voiture (son véhicule devrait se trouver sur place). Cet aspect des choses n’avait pas pu être éclairci lors de l’impressionnante reconstitution des faits en avril à Vandoncourt, Audincourt et Abbévillers (ER du 13 avril) à cause du mannequin utilisé qui ne pesait que 15 kg, la victime en faisant une cinquantaine.
http://www.estrepublicain.fr/fr/franche-comte/info/5556033-Vandoncourt-(25)-non-lieu-possible-dans-l-affaire-Zaretti

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