samedi 22 octobre 2011

« C’est Bello qui a signé »

Raphaël Maillant et Me Sylvie Noachovitch, sortent de la Cour de cassation. Des journalistes de M6, qui ont prévu un sujet dimanche, les attendent et les passent à la question.
Le Nancéien, grand brun de 40 ans, et son avocate viennent de déposer un recours devant la Commission de révision des condamnations pénales. C’est la troisième demande de révision. Après celles de 1999 et 2006, rejetées, sera-ce la bonne ? La Commission de révision estimera-t-elle qu’il existe un « élément nouveau » de nature à faire douter de la culpabilité de Raphaël Maillant ?
Me Noachovitch en est persuadé. Pour elle, l’affaire de La Rochelle a en effet tout relancé. Le 18 juillet dernier, Yann Bello, cuisinier de 41 ans, a tué son épouse Charlène, 24 ans, en Charente-Maritime. La cause de la mort ? De violents coups à la tête et une strangulation avec une serviette de bain.
Un geste qui soulève bien des questions car, 20 ans plus tôt, c’est sur les déclarations du seul Bello que Raphaël Maillant, poursuivi pour le meurtre de Valérie Bechtel, étranglée avec un torchon de vaisselle et dont le corps a été retrouvé dans un bois de Thaon-les-Vosges (88), a écopé de 17 ans de réclusion criminelle.

« La même connotation sexuelle »

« La personnalité de Yann Bello est bien loin de celle décrite à l’époque de l’affaire Valérie Bechtel », assure Me Noachovitch. « On avait souligné qu’il était incapable d’accuser un ami à tort, incapable de faire du mal, qu’il n’était pas dangereux. Or, les rapports des psychiatres dans l’affaire de La Rochelle décrivent un personnage pervers et dangereux.
Par ailleurs, le mode opératoire est le même : Charlène Bello a reçu des coups sur le visage, a été torturée et étranglée. Son cou était enserré dans une serviette, comme Valérie Bechtel. Je remarque aussi que le corps de cette dernière était nu et que Charlène Bello, elle, aurait peut-être subi un viol. Il y a donc aussi la même connotation sexuelle ».
L’avocate avance également la récurrence des problèmes d’argent de Bello. « Dans les Vosges, on vole un magnétoscope pour le revendre. A La Rochelle, Bello obtient, en torturant sa femme, son code de carte bleue et va effectuer un retrait de 400 euros. Argent avec lequel il va dîner en ville avec un ami comme si de rien n’était. En 1991 déjà, des amis l’avaient croisé le lendemain du meurtre. Bello rigolait, il paraissait serein. En fait, il a fait preuve de la même froideur ».
S’il avoue « un peu de lassitude », Raphaël Maillant, sorti de prison en 2004 et éducateur sportif dans une structure privée à Nancy, confie quand même un « grand espoir ». « Aujourd’hui, le discours autour de moi n’est plus le même. Je n’ai que des encouragements. Avant, j’avais un grand doute sur Bello mais je ne savais pas ce qui s’était réellement passé. Aujourd’hui, avec l’affaire de La Rochelle, on ne peut que faire le lien. C’est lui qui a signé… ».
http://www.estrepublicain.fr/justice/2011/10/18/c-est-bello-qui-a-signe

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