Allouagne, 10 août 2008. Alors qu'elle conduit en état d'ivresse et envoie un texto,une jeune femme de 20 ans fauche mortellement Victor, 3 ans, qui fait du vélo avec son papa. Poursuivie pour homicide et blessures involontaires, elle comparaît aujourd'hui à Béthune.
Plus de trois ans ont passé depuis la mort de leur petit garçon et les parents de Victor vont peut-être enfin comprendre les circonstances exactes du drame qui les a anéantis. « Ils ne sont jamais sortis de la dépression. Ils sont cassés psychologiquement. Les changements de version et de système de défense de l'automobiliste ne les ont pas aidés. Ils ont besoin de ce procès », explique Me Frank Berton, leur avocat et celui des grands-parents de Victor.
Le dimanche 10 août 2008, l'enfant fait du vélo sur la route communale longeant le cimetière d'Allouagne, non loin du domicile familial. À cet âge-là, il est évidemment accompagné à pied par son papa, Bertrand, 38 ans. Fragile rempart face à la voiture folle qui surgit devant eux. L'enquête révélera en effet que la conductrice de 20 ans avait plus de 2 grammes d'alcool dans le sang et envoyait un texto au moment de l'accident. Selon divers témoignages recueillis à l'époque, elle aurait même évité de justesse un couple de promeneurs et heurté des arbustes avant de perdre complètement le contrôle de son véhicule.
La violence du choc n'a laissé aucune chance au petit Victor, déjà en arrêt cardio-vasculaire à l'arrivée des secours. Quant à son père, projeté à 17 mètres dans le cimetière, il a été très grièvement blessé. Entre la vie et la mort, il a été transporté par hélicoptère au centre hospitalier de Lille, où il a passé près d'un mois, avant que débute une longue période de rééducation. « Il a subi un lourd préjudice corporel. Ses séquelles sont importantes et ne lui permettent pas de reprendre le travail », souligne Me Berton.
Poursuivie pour homicide et blessures involontaires, l'automobiliste a contre elle deux circonstances aggravantes : l'alcool et le téléphone portable. Mais la partie civile, qui va faire citer un expert, entend aussi démontrer à l'audience que la jeune femme roulait à une vitesse excessive. La famille de Victor, qui a distribué un tract à Allouagne et dans les villages voisins pour inviter les habitants à assister au procès « dans le calme et la dignité », « attend beaucoup des réquisitions du procureur », selon Me Berton. « Ils veulent une condamnation lourde, une peine de prison
http://www.nordeclair.fr/Actualite/2011/11/17/drame-d-allouagne-3-ans-apres-enfin-le-p.shtml
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