La défense avait formé lundi un pourvoi devant la Cour de cassation contre une décision de la cour d'appel visant à contraindre les témoins experts de la défense, qui contredisent les experts judiciaires, à remettre "immédiatement" à toutes les parties les documents techniques sur lesquels ils s'appuient lorsqu'ils déposent. "Il appartient à la défense de choisir les pièces qu'elle doit fournir au moment opportun : elle répond à l'accusation, elle veut bien remettre ces documents après l'intervention d'un expert judiciaire, pas avant", a notamment déclaré Me Soulez Larivière, jeudi.
Succès historique
"La défense essaie de se constituer des preuves en prévision de l'arrêt que rendra votre cour avant un éventuel pourvoi en cassation, elle engrange des contre-vérités", a protesté Me Alain Levy, comme la plupart des parties civiles. L'incident à l'origine de la polémique avait surgi il y a une semaine alors que la défense venait d'emporter un succès qualifié "d'historique" par Me Soulez Larivière : l'autorisation pour les témoins experts de la défense d'assister à l'ensemble des débats, ce qui est interdit aux témoins.
Le premier de ces experts à se présenter, Michel Lefebvre, spécialiste de détonique, s'est vu demander en arrivant à la barre s'il avait fait de nouveaux essais. Il a fait état d'essais effectués en septembre, mais n'a pas été en mesure de communiquer de rapport et la cour a reporté son audition au 5 décembre, ce qui a déclenché la colère de la défense. La chambre criminelle de la Cour de cassation devrait dire avant le 23 novembre si le pourvoi de la défense est recevable.
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