Le 30 juin 2006, vers 21 h 30, des inspecteurs de la direction du travail et de l’Urssaf, accompagnés d’agents de police, mènent une opération de contrôle surprise au Leclerc de Montbéliard, alors que la grande surface effectue son traditionnel inventaire d’été. Le parquet de la Cité des Princes, à l’époque, indiquait qu’il y avait depuis un certain temps une « suspicion de travail dissimulé » à l’encontre de la grande surface du Pied-des-Gouttes, qui aujourd’hui emploie plus de 250 personnes .
Prise de court par cette descente inopinée, la direction aurait alors décidé d’enfermer une cinquantaine de salariés dans la réserve du rayon textile et, semble-t-il, dans celle aussi du rayon culture, afin de les soustraire au contrôle.
Représentantes CGT du personnel, Laurence Baretti et Liliane Bichot rappellent que « les personnes ont été enfermées à clé, dans le noir, avec pour seule lumière la veilleuse e l’issue de secours. Elles avaient interdiction de parler, de téléphoner ». Certains resteront enfermés pendant plus de quarante-cinq minutes. Il y a cinq ans, les témoignages que nous avions recueillis étaient accablants.
Il aura fallu plus de cinq ans à la justice pour que le procès ait lieu. Il s’ouvre ce jeudi devant le tribunal de Grande Instance de Montbéliard et chose étonnante pour un dossier correctionnalisé, il durera deux jours.
Pourquoi une instruction aussi longue ? Tout reposerait sur la qualification de la séquestration. Elle est et sera à démontrer même si pour la CGT elle ne fait aucun doute « quand des salariés rapportent qu’ils ont été conduits dans une pièce, que la porte s’est refermée sur eux et qu’ils ont entendu un bruit de serrure ».
La SAS Mondis et donc le PDG de l’hypermarché, Bernard Cannonce, est poursuivie. Contacté ce lundi, ce dernier n’a pas souhaité faire de commentaires. Dans nos colonnes (ER du 10 octobre 2006), il estimait cependant qu’il s’agissait d’une maladresse de son directeur et qu’il l’assumait : « Ce soir-là, mon directeur a été confronté à un contrôle auquel il ne s’attendait pas. Dans la panique, il a pris une décision et malheureusement une mauvaise décision. Dès que je l’ai eu au téléphone, je lui ai dit de laisser sortir mes collaborateurs », déclarait Bernard Canonne à l’époque
http://www.estrepublicain.fr/justice/2011/11/14/enfin-le-proces-leclerc
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