Une rafale de dénégations et, en face, des accusations qui ressemblent beaucoup à des affirmations. Comme souvent, les preuves tangibles et les témoignages, en dehors de ceux des victimes, sont faibles. Grégory M. n'est plus aujourd'hui interne en cardiologie au CHR de Lille. Les harcèlements soupçonnés se seraient déroulés du 1er janvier 2008 au 31 décembre 2009. Mais, comme le précise son avocat Me Jérôme Pianezza, « là où il exerce aujourd'hui, on attend le jugement et sa carrière est en jeu ».
Propos et gestes déplacés
Le prévenu reconnaît qu'il a pu avoir des propos et des gestes déplacés sur certaines de ses collègues infirmières : « Jamais, je n'ai cherché à obtenir des faveurs sexuelles ; j'ai peut-être manqué de prudence, c'est tout ». Deux infirmières et une aide-soignante se plaignent par écrit mais elles ne se portent pas parties civiles. « À cinq reprises, il a été convoqué par son supérieur, le professeur Kacet. Le prévenu a été blâmé pour son comportement, il était plus qu'averti » déclare Me Jean-François Segard qui se présente partie civile pour le CHR.
Un autre cas se présente et il concerne une patiente. Gênant. Une dame qui est arrivée en urgence et qui, durant les soins, raconte que le prévenu lui a touché très bizarrement les jambes et la main. Grégory M. nie formellement : « Les jambes, c'était un geste médical important pour le diagnostic ; la main, c'était pour la rassurer ».
Le 7 avril 2009, un courrier du directeur du CHR arrive au procureur de Lille et dénonce les faits présumés qui, déjà, ont fait l'objet d'une enquête administrative interne. Au CHR, on évoque le cas d'une infirmière qui parle d'attouchements réguliers aux hanches et aux épaules. Elle avait même dû changer de service pour échapper au comportement de l'interne. On sait que le prévenu nie formellement.
Mais, pour le procureur Didier Blanguernon, « si on n'avait eu qu'une seule plainte, on aurait probablement classé sans suite. Mais, là, ce n'était pas possible que les victimes inventent toutes un comportement similaire alors que personne ne s'est concerté ». Le procureur évoque aussi « le rapport de forces qui existe entre les internes et les infirmières qui explique sans doute en partie, au détriment de ces dernières, le comportement du prévenu et son sentiment d'impunité ». Le procureur requiert donc 5 000 euros d'amende.
En défense, Me Pianezza plaide longuement l'innocence de son client (lire le point de vue). Mais, après délibérations, c'est bien une amende de 3 000 euros qui tombe. Honneur perdu à Lille ou appel à Douai ?
http://www.nordeclair.fr/Actualite/Justice/2011/11/10/un-cardiologue-sous-tension.shtml
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