mercredi 14 décembre 2011

Affaire Valentin : Moitoiret nie toujours

Combien y a-t-il de Stéphane Moitoiret ? « J’ai 250 milliards de jumeaux », répondait le routard après son interpellation. Hier les jurés en ont vu deux. Celui qui est dans le box des accusés depuis huit jours. Visage bouffi, coupe au bol, yeux vides, quasi mutique. Et l’autre, en août 2008. Cheveux longs, moustaches à la gauloise, SDF à l’accent populo.
Fait rare dans une cour d’assises, deux auditions filmées durant sa garde à vue ont été visionnées hier, les deuxième et septième. Menotté à son siège, Moitoiret malaxe nerveusement sa casquette. Et il parle ! « C’est possible que ça aurait pu être moi, sans m’en rendre compte. Étant donné que vous avez l’ADN. J’aurais été manipulé, téléguidé par un esprit démoniaque », assure le routard. L’audition en restera au stade des « hypothèses ». « Quand vous me parlez, je fais mon enquête dans ma tête », rétorque Moitoiret qui n’en démord pas malgré l’ADN, les témoignages et la vidéo le montrant après le meurtre : il n’est jamais sorti de la salle paroissiale de Saint-Sorlin d’où il était parti après une énième dispute avec Noëlla Hégo. Et si les preuves l’accablent, c’est un complot. Moitoiret suit attentivement cet autre lui-même sur l’écran. Le président Bréjoux en profite : « Vous avez tué Valentin ? » « Non ». L’avocat général Gandolière enchaîne : « Vous avez jeté vos vêtements, le couteau. Tout vous désigne ». « Non ». Sur le banc des parties civiles, M e Collard se lève. Puis les parents de Valentin. « Dire la vérité ferait du bien à ces malheureux. Dites-leur ». « C’est pas moi. » Puis M e Delarue : « Tu penses tous les jours à la mort de Valentin ? » « Oui ». Mais le feu roulant des questions n’aura pas raison de Moitoiret, enfermé dans son déni. « Tu as deux jours pour parler », insiste M e Berton. Le président Bréjoux se tourne alors vers Noëlla Hégo dont les propos délirants ont été vue comme une clé pour comprendre un crime inexplicable. La « divinité », froide statue de cire, finira l’interrogatoire en larmes. « C’était fini entre nous. Je lui ai dit « Si tu sors, prends tes bagages et ne reviens plus ». Il se serait vengé sur n’importe qui » « Vous êtes parti avec lui », s’indigne le magistrat. « Il me collait, voulait une emprise sur moi […] Il a fait ça parce qu’il sait que j’aime les enfants ». De nouveau enfoncé par « sa majesté », Moitoiret maintient mordicus : « C’est faux, c’est pas moi. » Puis, après un long silence, il répond que « oui », il l’aime encore.
http://www.leprogres.fr/france-monde/2011/12/14/affaire-valentin-moitoiret-nie-toujours

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