vendredi 9 décembre 2011

Il décède après des «claques» du portier

«Dans la vie de tous les jours, c'est un gros nounours». Ce «nounours», comme le qualifient ses proches, comparaît pourtant depuis hier devant la cour d'assises du Morbihan, à Vannes, pour des violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Dans le box des accusés, SoaneLauliliki, âgé de 43 ans, fait profil bas. Cet agent de sécurité, au physique imposant (1,90m pour 110kg), s'excuse à plusieurs reprises auprès de la famille de la victime. «Ce qui s'est passé cette nuit-là est impardonnable, reconnaît-il, des sanglots dans la voix. Ça n'avait aucun sens pour moi de faire du mal à un père, à un époux». Dans la nuit du 2août 2009, vers 4h30, il était chargé de surveiller l'entrée de la boîte de nuit La Douche, au Parc du Golfe de Vannes. Manuel Lecoq, âgé de 39 ans, se présente devant lui, visiblement ivre, avec plus de3,50g d'alcool dans le sang.

Il tente d'entrer dansla boîte à cinq reprises

Ce client, originaire de Séné, venait de sortir de la boîte en escaladant la palissade qui clôture l'espace fumeur. À cinq reprises, il va tenter de revenir dans la discothèque par la porte principale, «sans agressivité», soulignent les témoins. Mais les portiers, dont Soane Lauliliki, lui interdisent l'entrée. «La dernière fois, je suis sorti et je lui ai envoyé deux claques avec les deux mains, se souvient l'accusé. Il est tombé sur le sol, la tête en arrière. Je suis ensuite rentré en croyant qu'il allait se relever». Mais Manuel Lecoq ne se relèvera pas. La victime sombre dans le coma, malgré l'intervention rapide des pompiers, et meurt deux jours plus tard, d'une hémorragie intracrânienne. Une cliente qui a assisté à la scène s'est dite «époustouflée» par la violence des claques. Les médecins légistes ont noté que ces coups ont entraîné une fracture du nez de la victime. Mais ils soulignent que c'est bien le choc de la tête contre le bitume qui lui a été fatal.

«Un métier ingrat»

L'accusé, né en Polynésie, est arrivé en métropole lors de son service militaire, en 1988. Grâce à sa carrure, il a rapidement trouvé du travail dans la sécurité. «Soane est quelqu'un de très pacifique, assure un collègue. Il temporisait toujours en mettant son gabarit en avant. Il n'avait même pas besoin de frapper, juste de repousser». Sauf que ce soir-là, l'accusé en vient aux mains. «Il garde le plus souvent son sang-froid, estime l'enquêteur de moralité. Mais quand ça lui arrive de le perdre, il a un peu de mal à doser sa force». Il a ainsi été condamné à plusieurs reprises pour des affaires de violences. «Portier, c'est un métier très ingrat, conclut le collègue. On n'est pas soutenu pour ce qu'on fait». Le procès doit se poursuivre aujourd'hui avec le visionnage des caméras de vidéosurveillance qui ont enregistré la scène. 

http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/morbihan/assises-du-morbihan-il-decede-apres-des-claques-du-portier-09-12-2011-1527609.php

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