Durant une journée, les parents d'une fillette de 6 mois ont placé un dictaphone sous le siège bébé de leur enfant car ils soupçonnaient sa nourrice de violence. Hier, la nounou s'est expliquée devant le tribunal.
« Bamboula, tais-toi ! Tu vas la fermer ta gueule bwana ! Fous le camp au lit ! tu nous fais ch… » C'est une longue litanie d'insultes que prononce la présidente du tribunal correctionnel. Un chapelet d'injures échappé de la bouche d'une nourrice en direction d'une enfant métisse âgée de 6 mois. Ces mots, ce sont les parents de la petite Soraya, qui les ont entendus gicler d'un dictaphone qu'ils avaient caché sous le siège-bébé de leur enfant pensant qu'elle subissait des violences.
Hier, la nourrice, aujourd'hui suivie par un psychiatre et qui a perdu tout agrément depuis cette affaire, s'est expliquée à la barre du tribunal correctionnel. « J'avais des problèmes d'argent avec mon fils. Je n'ai pas le souvenir du jour où j'ai prononcé ces paroles. Je les regrette. » À cette époque, entre décembre 2010 et janvier 2011, l'assistante maternelle expérimentée gardait quatre enfants. « On lui a confié notre bébé car on pensait qu'elle s'occupait bien des enfants, rapporte la maman de la fillette, partie civile. On n'avait pas trouvé de place en crèche. Au fil des jours, Soraya maigrissait, elle s'endormait sur son biberon. Un soir, j'ai remarqué une plaie sur sa fesse. La nourrice m'avait dit que c'était à cause des dents. Elle trouvait toujours des mots pour me rassurer. Mais la pédiatre n'a vu poindre aucune dent », racontre, bouleversée, la maman de Soraya. En découvrant le contenu de l'enregistrement sonore, les parents tombent des nues.
Hier, un mélange d'incompréhension et de souffrance a parcouru la salle d'audience. « Comment pouvez-vous laisser un enfant de 6 mois pleurer pendant une heure dans son lit ? », s'indigne la maman en regardant l'ex-nourrice, visage fermé. Les injures ? « J'avais l'habitude de donner des surnoms aux enfants, je ne pensais pas mal faire. » Une nourrice aux méthodes dures, au langage « sec et expéditif » qui au fil des jours « avait pris la petite Soraya » en grippe. « Je ne suis pas raciste ! », clame l'ex-nounou contre laquelle l'accusation reproche une tape sur la couche et des violences psychologiques.
Délibéré demain le 9 décembre.
http://www.ladepeche.fr/article/2011/12/03/1231033-la-nounou-indigne-piegee-par-les-parents.html
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