mardi 6 décembre 2011

Les pilleurs d’églises écopent de six mois ferme

Des calices, des bénitiers, des chandeliers et même un reliquaire. Lorsqu’ils entraient dans une église, ils repartaient rarement les mains vides. Deux hommes de 31 et 61 ans ont été condamnés à un an de prison dont six mois ferme, lundi à Melun (Seine-et-Marne), pour avoir cambriolé une trentaine de lieux de culte.
Les faits se sont déroulés entre janvier et mai 2009, principalement en Seine-et-Marne mais aussi en Essonne (La Ferté-Alais, Courances. ..) et dans l’Yonne. « Quand on ouvre la sacristie et que tout est sens dessus dessous, que le tabernacle a été ouvert et que les hosties jonchent le sol, on se sent salis, confie le père Martial Bernard, à l’époque curé de La Ferté-Alais, une des paroisses pillées. J’ai même vu des fidèles pleurer. »

Ils se justifient en évoquant des difficultés financières

A la barre, les deux hommes se renvoient la responsabilité. « L’idée est venue de lui. Il m’a dit que c’était un business qui marchait bien. Moi, j’avais besoin d’argent alors j’ai accepté », confie le plus jeune, un grand gaillard qui se déplace avec une béquille. Un
par nécessité donc ? Le du tribunal a du mal à y croire. Il évoque le pavillon du prévenu acheté plus de 300 000 €, ses deux , son poste de responsable d’un centre de maintenance automobile, le salaire de sa femme, assistante maternelle. Son complice, ancien ouvrier de la société aéronautique Snecma, a déjà été condamné à plus de dix ans de prison pour des vols. Il évoque lui aussi des difficultés financières. « Je ne touche que 790 € par mois de retraite. » Dans les box qu’il louait près de chez lui, à Dammarie-les-Lys, les gendarmes n’ont retrouvé qu’une petite partie du butin.
Et pour cause : les deux hommes cambriolaient les églises dans la nuit du samedi au dimanche, puis filaient écouler directement la marchandise sur des vide-greniers. Pour mettre en confiance les acheteurs, l’aîné racontait toujours à peu près la même histoire : il expliquait rendre service à des religieuses dont la chapelle s’était effondrée et qui lui avaient demandé de sortir les objets des décombres pour les revendre.
« Je ne vous dis pas l’argent qu’ils se faisaient. Ils vendaient énormément », a expliqué aux enquêteurs une exposante. Pour convaincre les plus réticents, les prévenus allaient jusqu’à jurer que les objets avaient été désacralisés par un évêque. « On n’allait quand même pas leur dire qu’on avait tout volé. »
Le montant global du préjudice n’a pas été calculé. Mais rien que pour l’archevêché de Meaux, il s’élèverait à plus de 350 00 €. « Moi, contrairement à lui, je ne suis pas chrétien. Sur le moment, je n’ai pas réalisé que je commettais un sacrilège », a assuré le responsable du centre auto. Les deux hommes ont également été condamnés à 5 000 € d’amende chacun.
http://www.leparisien.fr/la-ferte-alais-91590/les-pilleurs-d-eglises-ecopent-de-six-mois-ferme-06-12-2011-1755391.php

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