vendredi 9 décembre 2011

Un médecin anesthésiste poursuivi pour harcèlement moral

Lui est médecin anesthésiste. Elle nettoie les salles d’opération. Tous deux travaillent ensemble, à la clinique générale de Savoie. Plus pour longtemps. En 2007, l’employée, agent de service, dépose plainte pour harcèlement moral.
Reproches fréquents, pression sur le personnel, dénigrement du travail, agressivité, mépris, paroles humiliantes (“Conchita”). La liste énumérée par le président du tribunal, Bernard Landot, est longue.
À la barre, le médecin de 56 ans, le regard sûr de lui, s’explique : « Je suis exigeant sur la qualité du travail, et c’était un gros problème dans ce service. La biodécontamination était de son ressort et parfois il restait du sang entre deux opérations. Je suis coléreux quand les choses ne vont pas mais je ne pense pas être méprisant. »
D’après “l’autre camp”, tout se passait bien dans le bloc. Et on décrit la plaignante comme « paresseuse », « sûre d’elle », « revendicative », « a du mal à accepter les remontrances », « pas un bon élément ». Selon l’expert psychiatrique, la plaignante aurait une personnalité fragile et vulnérable. À la barre, elle a du mal à parler, sanglote. « J’ai encore peur de lui, il m’a fait du mal. »

« Je défends Monsieur C., pas Dominique Strauss-Kahn »

« Un coup, ma cliente faisait mal son travail, un coup elle mettait trop de temps à le faire. Quand on a une cible, on trouve toujours quelque chose qui ne va pas », plaide l’avocat de la partie civile. Mise sous antidépresseurs, soignée pendant deux semaines en centre hospitalier spécialisé, « sa vie n’est pas gâchée mais elle a pris un sérieux coup », résume l’avocat qui demande 20 000 € de dommages-intérêts.
Suite à la dénonciation de l’agent de service, ce médecin est licencié fin 2007. « D’autres ont subi cette attitude, on voit les ravages que cela a provoqués », explique Florence Laréal, substitut du procureur. « Certaines sont parties, ne supportant plus ces comportements. Certaines ont pris sur elles car elles en avaient les ressources psychiques. »
Dans les auditions, il est également décrit comme mielleux avec les femmes, installant parfois une ambiance libertine. Avec jeux d’eau et arrachage des pyjamas en papier à la fin des opérations. « Je défends Monsieur C., pas Dominique Strauss-Kahn », tient à préciser M e Karine Riou. « Il est exigeant car il a la vie de ses patients entre les mains. Oui il est intransigeant et colérique, mais quand vous avez une telle responsabilité, vous ne pouvez pas vous permettre de ne pas l’être. »
Le parquet a requis trois mois avec sursis et 10 000 € de dommages-intérêts. Le jugement a été mis en délibéré au 20 janvier
http://www.ledauphine.com/savoie/2011/12/03/un-medecin-anesthesiste-poursuivi-pour-harcelement-moral

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