vendredi 13 janvier 2012

Bagarre passionnelle dans les jardins ouvriers

Un couple à la séparation conflictuelle a réglé ses comptes, en juillet, dans les hortillonnages d'Amiens. Le jugement est attendu le 18 janvier.

Ça ne s'invente pas: c'est dans la rue de l'Épousée qu'un couple amiénois, séparé depuis deux ans, s'est battu le 30 juillet dernier. La scène a un cadre idyllique: les hortillonnages, ces petites parcelles potagères cultivées avec amour, en plein cœur de l'été, à 15h30. L'heure et le lieu sont les seuls points de convergence entre les protagonistes. Pour le reste, leurs versions diffèrent du tout au tout.

Gérard, victime dans le dossier examiné hier en correctionnelle à Amiens, explique qu'il se trouvait au jardin avec ses trois enfants, l'ami de sa fille et sa soeur, quand Valérie, son ex-compagne, l'a insulté: «Elle a sorti un couteau. Je lui ai mis une claque. Son nouveau copain Yannick m'a sauté dessus. On s'est battu par terre. Lui aussi a sorti un couteau. Heureusement que ma soeur a retenu son bras.»

Yannick, 33 ans, et Valérie, 32ans, accusés hier, avaient pourtant porté plainte les premiers. Ils certifient que seul le hasard les a mis en présence de Gérard et sa famille. «Sa soeur m'a insultée, elle m'a dit "salope, je vais te défoncer la gueule", se souvient Valérie. Puis Gérard m'a mis un coup de poing. Yannick est intervenu et ils se sont battus.»

Tous deux nient avoir provoqué l'esclandre et jurent n'avoir jamais possédé de couteau.

On leur oppose des témoignages concordants. «Ce sont des accusations mensongères, les enfants sont manipulés; le couteau, c'est une pure invention, tonne leur conseil M e Carole Serra. Leur seul tort, c'est de ne pas avoir de témoins.» Quant au certificat médical, qui estime que les blessures au bras de Gérard ont pu être causées par une lame, elle l'écarte résolument: «Il se sont battus, ont roulé au sol. Les coupures ont très bien pu être causées par des morceaux de canette ou du fil barbelé.»

L'avocat de la partie civile stigmatise au contraire «cette mère qui attaque le père et incite son compagnon à s'acharner, sous le regard de ses trois enfants». Enfants dont elle n'a pas la garde et dont, d'après lui, «elle a encore été incapable de prendre soin pendant les vacances de Noël».

Le procureur parle d'une scène «ahurissante» et requiert six mois avec sursis contre les deux prévenus, au casier judiciaire vierge. Le jugement est mis en délibéré au 18janvier.
http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-regionale/Bagarre-passionnelle-dans-les-jardins-ouvriers

Aucun commentaire: