Dans la lecture du dossier, il apparaît que G.A. a reconnu en majeure partie les faits qui lui sont reprochés. Le point de départ de cette affaire d'escroquerie en col blanc part d'une interrogation de la CPAM 82 à propos d'un remboursement d'un montant de 2 258 € que la fille de G.A. n'a pas encaissé sur son compte. Une somme que G.A. a récupérée car il possède une procuration que lui aurait signée sa fille. Mais en fouillant un peu plus ce dossier, les limiers de la CPAM 82 vont s'apercevoir que les pratiques du propriétaire de L'Alhambra relèvent de l'escroquerie aux remboursements. La CPAM 91 (la jeune fille a résidé dans l'Essonne) et le RSI (la fille de G.A. bénéficiait du 100 % pour une grave maladie) découvraient dans la foulée que le pharmacien montalbanais se faisait rembourser de deux côtés à la fois et qu'il possédait deux cartes vitales à cet effet.
Il s'achète une Maserati
Pour expliquer cette surfacturation, G.A. a indiqué que « la pharmacie avait des difficultés et qu'il fallait sauver les emplois (1). » Un argument qui ne satisfaisait pas du tout le président Birgy qui lâchait : « Cela ne vous a pas empêché d'acquérir une Maserati à 110 000 € en juin 2008. à travers vos différents relevés bancaires, on s'est aperçu que vos dépenses mensuelles atteignaient 10 000€. » Rentrant à nouveau dans les détails le président relevait qu'« à 35 reprises les 2 cartes vitales ont été utilisées le même jour pour des prescriptions identiques. » Avant l'intervention de son conseil Me Deville, le prévenu fournissait cette précision : « Ce que je recevais en surfacturation, je le reversais à la pharmacie. » Et le président Birgy de rétorquer immédiatement : «Non, pas tout ! » Le montant global de l'escroquerie se chiffrerait aux alentours de 350 000€. Pour le défenseur de G.A., c'est en remontant plusieurs années en arrière dans le temps que l'on trouve l'origine directe de ce dossier. « G.A. a acheté à prix d'or cette pharmacie de L'Alhambra sans avoir mis en place l'encadrement de trésorerie nécessaire pour ce type de grosse opération financière. Il avait pour ambition de faire de cette pharmacie la plus grosse de la région Midi-Pyrénées. Il n'y a pas eu d'enrichissement personnel dans ce dossier même si son mode de vie peut paraître excessif pour certains. Mais n'oublions pas que c'est le patron d'une pharmacie dont le chiffre d'affaires annuel tourne autour de 8 millions d'€. La question de fond est de savoir ce qu'il doit payer à la société. Il faut qu'on lui laisse le moyen de réparer ses erreurs. Si on l'enferme, alors ce ne sera plus possible. » Le tribunal rendra son jugement le 24 janvier.(1) À ce jour L'Alhambra compte 32 salariés. Elle est actuellement placée sous le régime de la sauvegarde en raison d'un passif de 5,9 millions d'€.
http://www.ladepeche.fr/article/2012/01/04/1253186-montauban-la-prison-reclamee-contre-le-pharmacien-escroc.html
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