mercredi 11 janvier 2012

Le cambrioleur qui voulait être condamné

La question de la présidente Colette Moreau-Zalma est rituelle quand un prévenu se présente en correctionnelle dans le cadre d'une comparution immédiate. « Voulez-vous être jugé tout de suite ou souhaitez-vous un délai pour préparer votre défense ? » « Je veux être condamné maintenant », répond du tac au tac Arnaud Lauraire, 41 ans, jeudi dernier. Sourires dans l'assistance.
« C'est ce qui s'appelle reconnaître les faits », glisse en aparté un avocat.
Il faut dire que les preuves sont aussi nombreuses qu'accablantes, comme le rappelle la présidente. « Lors du vol avec effraction de votre voisin, vous vous êtes blessé. Votre sang a été relevé et c'est ainsi trois autres vols commis en août et septembre 2010 qui ont été élucidés. »
Des cambriolages rue Fighiera, Bonaparte, boulevard Delfino, rue de Orestis où le monte-en-l'air a fait main basse sur les chéquiers, l'argent, le matériel hi-fi, les ordinateurs… Des objets parfois revendus par le biais d'une boutique de vente d'objets d'occasion qui a pignon sur rue.
« Comment expliquez-vous ces vols ? », interroge la présidente.
Allure juvénile, vêtu d'un sweat à capuche et d'un jean, verbe et sourire faciles, le prévenu est un cambrioleur compulsif, multirécidiviste : «C'est une période de ma vie où je n'étais pas bien. Je buvais beaucoup, prenais des médicaments. J'ai quitté Nice pendant un mois puis je suis revenu monter mon entreprise de peinture-carrelage avec l'aide de mes parents. » Le procureur Julie Rouillard constate que « le casier judiciaire mentionne onze condamnations dont sept pour des vols avec effraction. Difficile, dans ce cas, d'écarter la peine plancher de deux ans de prison ».
« Le remettre en prison serait la pire des solutions. C'est réduire à néant ses efforts de réinsertion », observe Me David Saïd, pour la défense.
Le tribunal coupe la poire en deux en condamnant le prévenu à deux ans de prison dont un an ferme et trois ans de mise à l'épreuve. Mais en ne délivrant pas de mandat de dépôt à l'audience, les juges laissent entrevoir à Arnaud Lauraire un aménagement de peine compatible avec sa nouvelle activité professionnelle.
http://www.nicematin.com/article/nice-le-cambrioleur-qui-voulait-etre-condamne.750639.html

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