J’ai fait des erreurs dans ma jeunesse, mais sinon, je suis un jeune comme tous les autres", assure Mohamed Chaïb, 23 ans, à la cour d’assise des mineurs de l’Aude, qui le juge en appel.
Pourtant l’histoire de ce Biterrois d’origine algérienne n’a rien de banal : à 17 ans, il est écroué pour un terrible double crime. Marjolaine, 21 ans, sa petite amie d’alors, trouvée morte dans son appartement le 6 octobre 2005, un tissu enfoncé profondément dans la bouche. Saphir, 3 ans, son enfant, étranglé sur son lit avec le cordon de la lampe de chevet.
"J’ai 23 ans, vous me parlez d’une histoire qui remonte à je sais pas quand"
"J’attends qu’on me rende ma liberté volée, je suis innocent", affirme ce garçon aux traits fins, qui n’a pas convaincu, en 2008, les jurés de l’Hérault : trente ans de réclusion criminelle. Il a l’accent des cités de Béziers, où il est arrivé à neuf ans, et côté erreurs de jeunesse, n’a pas fait dans la dentelle : sept condamnations, dont une, dès 16 ans, pour avoir braqué avec un pistolet à plomb trois jeunes qui cherchaient à acheter du shit. Il les a séquestrés pendant 45 minutes, est parti avec leur argent, le lecteur de DVD, leur scooter. "J’ai 23 ans, vous me parlez d’une histoire qui remonte à je sais pas quand", répond-il à la présidente. Il fait un mois de préventive, cinq mois de centre éducatif fermé (CER), "avec des éducateurs, mais ça n’a pas marché".
"Il n’est pas malade mental..."
Au psychiatre, qui l’a trouvé sain d’esprit, et à la psychologue, il a répété qu’il était innocent, raconté qu’il sortait jusqu’à 4 h du matin à 14 ans, qu’il jetait des pierres sur les voitures, fumait du shit, se bagarrait souvent avec d’autres jeunes. "Intolérance à la frustration, immaturité, impulsivité, non-intégration des interdits", énoncent les experts.
"Quand on ne sait pas quoi dire, on attaque les experts !"
Devant eux, il n’a pas évoqué la mort de la femme et de l’enfant, ni marqué d’émotion. Mohamed Chaïb à la psychologue : "Elle m’a vu deux heures et elle me connaît par cœur ? Elle sait ce qu’il y a dans ma tête, qui j’aime, qui j’aime pas ? Bien sûr, j’étais dégoûté pour elle et le petit, mais de là à pleurer... Je suis immigré, j’ai un casier judiciaire, je vais pas me mettre à faire pleurer sur moi." "Qu’avez-vous trouvé de positif ?" demande la présidente. L’expert Cany soupire : "Il n’est pas malade mental..."
En bûcheron des prétoires, Me Éric Dupont-Moretti sort la cognée : "Il s’est sans doute comporté comme un petit con, mais qu’on examine la personnalité de ce gamin sans aucune humanité, ça me chagrine ! Vous êtes dans l’expertise antipathique !" Danielle Cany : "Quand on ne sait pas quoi dire, on attaque les experts !"
Le ton est donné, dans ce procès houleux, déjà deux fois repoussé et où manque la moitié des témoins. "Six ans passés en prison, ça m’a fait évoluer, j’ai grandi. Je demande qu’on me donne ma chance", répète Mohamed Chaïb, un jeune presque "comme tous les autres".
http://www.midilibre.fr/2012/02/06/mohamed-chaib-gamin-difficile-ou-criminel-froid,454316.php
1 commentaire:
Bonjour,
La Justice Francaise à de nombreux problèmes. De toutes façons beaucoup de choses dans notre système sont à reprendre depuis le début.
Dans tous les domaines désormais les gens ne font que leur travail et l'erreur est humaine.c'est si facile ...
Alors certes une maman et son fils ont perdus la vie mais est-on en droit de bacler ce pour quoi on doit se battre, la vérité ; et prendre le risque de gacher ce pour quoi on dit se battre, à savoir , la vie d'une maman et son fils qu'est l'accusé.
S'il est coupable et que c'est prouvé proprement alors d'accord qu'il paye sinon... Pff reconnaissez enfin qu'il y'a un gros problème dans vos effectifs et grandissez un peu.
Enregistrer un commentaire