jeudi 14 juin 2012

La fusillade du camp de la Molle à la barre

Le dernier vendredi de juin (le 29) il risque d'y avoir beaucoup de monde autour de la place du Coq et dans la grande salle d'audience du TGI qui la veille au soir entendra l'ultime verdict de la cour d'assises (meurtre de Sapiac). Ce vendredi et durant toute la journée on va examiner en formation collégiale une affaire gravissime qui démarra sur le parking du Leclerc Sapiac et se poursuivit en fusillade à l'intérieur du camp de la Molle.
L'affaire débute les 12 février 2011 sur le parking du centre auto du Leclerc Sapiac. Un habitant de Clermont-Ferrand appartenant, lui aussi, à la communauté des gens du voyage apprend qu'aux portes de Montauban des membres d'une famille sédentarisée dans un camp vendent un « Renault-Espace ». Des contacts téléphoniques sont pris et le tarif de la transaction est fixé. L'Auvergnat au volant de son fourgon « Mercedes Vito » descend du Puy-de-Dôme en Tarn-et-Garonne avec l'argent liquide pour finaliser le marché. Le rendez-vous est fixé sur le parking du centre auto du Leclerc.
La discussion ne dure pas longtemps et le quidam est invité à suivre tout le monde dans le camp. Là il sort de sa poche en espèces les 6 800 € réclamés. Il pense que le marché est conclu, mais un des membres du trio de vendeurs lui sort un gros calibre, le menace, le frappe d'un coup de crosse et l'amène avec ses potes vers un de leurs fourgons stationné à proximité. Il est tabassé et on le dépouille en plus, de son GPS, de son portable, de 400 € qu'il avait sur lui et des affaires contenues dans son Mercedes.

Reconstitution d'un puzzle

Blessé et titubant il arrive à s'échapper, regagne son véhicule, profère des menaces et démarre. Le porteur du calibre 11,43 m/m défouraille et tire à trois reprises en direction du fourgon Mercedes (l'on retrouvera plus tard un projectile et les impacts). L'acheteur floué rentre chez lui et a tellement peur qu'il ne viendra déposer plainte et raconter son histoire au commissariat de police de Montauban que dix jours plus tard.
C'est la juge d'instruction qui entre-temps travaille sur le dossier de la fusillade de La bastide - Saint-Pierre qui décèle la première des similitudes. Elle dessaisit les policiers et demande aux gendarmes de prendre la suite.
Les militaires de la section de recherches de Montauban ont d'ailleurs rapidement un indice. L'auvergnat volé et menacé a reconnu un des trois agresseurs. Le reste devient un jeu de longue patience et la reconstruction d'un puzzle. Le trio appartient à la même famille patronymique.Dans un peu plus de trois semaines, le trio sera fixé sur son sort. Deux de ses membres furent écroués à l'époque et le troisième placé sous contrôle judiciaire.

http://www.ladepeche.fr/article/2012/06/08/1372961-montauban-la-fusillade-du-camp-de-la-molle-a-la-barre.html

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