La fillette de huit ans est décédée quelques semaines plus tard
sous les coups de ses parents qui comparaissent pour actes de tortures et de
barbarie sur mineure de moins de 15 ans ayant entraîné la mort.
La cadre, qui s'occupait de la "prévention et la protection
de l'enfance", destinataire de "toutes les informations
préoccupantes", a expliqué que la seule possibilité de mettre en place une
"mesure de protection sans délai" d'un enfant est de constater un
"danger immédiat et avéré".
"Pas de danger immédiat repéré"
En mai 2009, l'alerte du directeur d'école de Marina pour "absentéisme scolaire répété, petites
blessures repérées et comportement boulimique de l'enfant" est reçue aux
services du conseil général mais les parents déménagent vers Ecommoy.
Les services sociaux trouvent la nouvelle adresse de la famille
de Marina le 9 mai. "Le 25 mai je confirme la
demande d'évaluation de la famille", continue la responsable. Le 2 juin,
elle reçoit aussi l'alerte du médecin pédiatre et de l'assistante sociale de
l'hôpital pour des suspicions de maltraitance
ou de négligence sur Marina, document transmis en
complément au service social du secteur d'Ecommoy.
Le 17 juin, une assistante sociale et une puéricultrice se
rendent au domicile des Sabatier, et pour elles il n'y a "pas de danger
immédiat repéré". Le 25 juin, la puéricultrice retourne sur place, confirme
et parle néanmoins de "vigilance", prévoit un nouveau rendez-vous avec
les parents, selon une note reçue par la responsable en août 2009.
Entre-temps, un rendez-vous prévu le 1er juillet a été reporté
par le père. Le 19 août, nouvelle visite au domicile : les parents sont là mais
pas Marina ni son grand frère, soi-disant partis dans
un parc d'attraction. Nouvelle visite le 1er septembre, la mère est là mais ni
le père ni Marina, soi-disant partis à Paris. Selon
les parents, la fillette est morte dans la nuit du 6 au 7 août 2009.
Les services sociaux déjà alertés en juin 2008
Les services sociaux avaient déjà été alertés à la mi-juin 2008
pour des suspicions de mauvais traitements, en même temps que le parquet qui a
effectué une enquête classée sans suite le 6 octobre 2008, faute d'éléments
suffisants caractérisant l'infraction pénale.
Ce n'est que le 5 mars 2009 que le conseil général prendra
enfin des nouvelles du dossier judiciaire, rappelle le président de la cour
d'assises, Denis Roucou. "On considère que le signalement a été
traité", explique la cadre du conseil général. "Mais la justice traite
sur le terrain de l'infraction pénale, pas de la protection de l'enfance",
note Denis Roucou. "On considère que ça a été traité", répète la cadre,
"c'est la pratique en Sarthe", il n'y a pas évaluation sociale
"quand il y a une enquête en cours", explique le témoin, sauf si il y a
demande d'évaluation sociale émanant du parquet.
Eric Sabatier et Virginie Darras, en procédure de divorce, sont
accusés d'actes de tortures et de barbarie sur mineure de moins de 15 ans ayant
entraîné la mort. Ils encourent la réclusion à perpétuité.
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