Meurtre ou suicide ? Dix ans après les faits, les cartes sont rebattues dans l'affaire de l'école des Glénans. Alors que la thèse du crime avait été relancée ces derniers mois par un juge d'instruction, l'avocate générale a demandé un non-lieu mardi pour un suspect, un ancien moniteur de la prestigieuse école de voile du Finistère
«Il n'y a pas de preuve d'un geste criminel dans ce décès», a déclaré la représentante du parquet devant la chambre de l'instruction près la cour d'appel de Rennes. L'avocate générale a demandé à la cour de prononcer l'irresponsabilité pénale de l'ancien moniteur, qui souffre de schizophrénie paranoïde, selon deux experts entendus à l'audience. Elle a réclamé son placement d'office en hôpital psychiatrique.
Un voilier volé pour se rendre sur l'archipel ?
La cour entendait l'homme mis en examen en 2006 pour homicide volontaire après la mort de Raphaël, un garçon de 17 ans en stage dans l'archipel de Glénans, dans la nuit du 2 au 3 juillet 2004. Concluant au suicide par pendaison de l'adolescent, le procureur de la République de Quimper avait requis un non-lieu en juillet dernier, avant qu'un magistrat instructeur ne saisisse la chambre de l'instruction.
Mardi, l'avocat des parents de Raphaël, Vincent Omez, a souligné que l'ADN et du sang appartenant au moniteur avaient été retrouvés sur la cordelette attachée au cou de la victime. Il a mis en doute la thèse du suicide en relevant que l'adolescent mesurait 1,79 mètre alors qu'il est censé s'être suspendu à une patère fixée à 1,72 m du sol.
Il a surtout rappelé que l'ancien moniteur, renvoyé quelques jours plus tôt du centre nautique, était soupçonné d'avoir volé la nuit même du décès sur le continent le voilier du navigateur Armel Le Cléac'h. Des coordonnées GPS à bord ont permis d'établir que le navire avait mouillé dans l'archipel à l'heure de la mort du jeune homme.
Les dénégations de l'ex-moniteur
L'avocate générale a estimé que les charges étaient suffisantes pour dire que l'ancien moniteur était l'auteur du vol du bateau, des écrits de sa main ayant été retrouvés à bord. Interrogé par la cour, l'ex-moniteur, qui approche la quarantaine, a assuré qu'il n'avait pas volé le bateau et ne se trouvait pas sur l'île lors de la mort de Raphaël.
La mère du jeune garçon a dit souhaiter que la cour reconnaisse sa culpabilité ainsi que son irresponsabilité pénale. «Il faut rendre à Raphaël la vérité de sa mort», a-t-elle lancé. La chambre rendra son arrêt le 11 avril.
http://www.leparisien.fr/faits-divers/mort-a-l-ecole-de-voiles-des-glenans-non-lieu-requis-pour-un-moniteur-11-03-2014-3663121.php
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