lundi 10 mars 2014

Pistorius pris de nausées à la lecture de l'autopsie de Reeva Steenkamp

Deuxième semaine de procès pour le champion paralympique. Le médecin légiste a demandé à ce que son compte-rendu ne soit pas diffusé en direct ni commenté sur Twitter. Il a notamment décrit le crâne fracassé de la victime, provoquant les vomissements de l'accusé.

Ses sanglots étaient si forts que le micro placé devant lui a dû être éloigné. Alors que s'ouvre la deuxième semaine de son procès pour meurtre, Oscar Pistorius s'est à nouveau effondré lundi. Le champion paralympique, déjà en larmes jeudi, a été pris de nausées en pleine audience durant le compte-rendu de l'autopsie de Reeva Steenkamp.
Prostré dans son box, l'athlète de 27 ans, mouchoir en main, s'est plié en deux, croisant les mains derrière la nuque et se serrant la tête dans les coudes comme il l'a déjà fait à plusieurs reprises depuis le début des débats la semaine dernière. Il a ensuite vomi alors que le médecin légiste venait de décrire les blessures de Reeva Steenkamp. Le Pr Gert Saayman, qui avait été chargé de l'autopsie le 15 février 2013 au lendemain du décès, en a dénombrer trois: une à la tempe droite, qui a fracassé le crâne de la victime, une à la cuisse droite et une autre au bras droit.
Il a aussi décrit les effets retrouvés dans le même sac mortuaire, un short Nike portant des tâches de sang et une veste noire sans manche largement maculée de sang. Un témoignage qui n'a pas été retransmis en direct, conformément à la demande du médecin qui a invoqué le "respect de la dignité de la victime". "Il n'y aura pas de retransmission (audio et vidéo) en direct. (...) Cela concerne également Twitter", a décidé la juge Thokozile Masipa.
"Il va bien" vs "tout va bien"
Pistorius affirme avoir tué par accident sa petite amie, en la confondant avec un cambrioleur caché dans les toilettes de sa chambre. L'accusation l'accuse de l'avoir sciemment tuée alors que le couple qui se fréquentait depuis novembre 2012 s'était disputé. Un peu plus tôt lundi, c'est un vigile travaillant dans la résidence où vivait le champion paralympique qui était à la bare. Il est resté ferme sur sa version des faits. "J'ai appelé M. Pistorius et M. Pistorius m'a dit "tout va bien". Mais j'ai réalisé que M. Pistorius pleurait. Et la conversation a été coupée", a maintenu Pieter Baba, reprenant son premier témoignage de vendredi.
"M. Pistorius m'a rappelé, mais il pleurait, et la ligne a été à nouveau coupée. (...) Madame, ce que j'ai dit à la Cour est la vérité", a-t-il ajouté, s'adressant à la juge Thokozile Masipa. L'avocat de la défense a ensuite montré à la Cour la première déposition de Pieter Baba à la police peu après le drame. Le témoin y déclare que l'athlète lui a dit qu'"il (allait) bien", et non pas "tout va bien" comme dans la seconde déposition, prise plus tard quand un autre inspecteur a repris l'enquête à zéro. Pieter Baba a répondu qu'il était "très fatigué" au moment où il a fait sa première déposition.
 

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