jeudi 13 mars 2014

Procès Pistorius : son avocat échoue à infléchir la position de l'expert

L' d'Oscar Pistorius a de nouveau interrogé, jeudi, l'expert qui a examiné la porte criblée de balles et fracassée par une batte de cricket, dans la maison dans laquelle le champion paralympique sud-africain est accusé d'avoir tué sa compagne, Reeva Steenkamp. Revenant sur cette porte qui avait été au cœur de l'audience de la veille, Me Barry Roux a à nouveau tenté de discréditer le travail de l'expert, puis de lui faire admettre que la version de l'accusé était plausible.

L'avocat a d'abord mis en cause l'
de la police et les expertises du colonel Gerhard Vermeulen, chargé de faire parler la pièce à conviction majeure du procès: la porte des toilettes dans lesquelles s'était réfugiée Reeva Steenkamp à travers de laquelle Pistorius a tiré quatre balles. Soulignant les manipulations successives de la porte, il a reproché à l'expert de ne pas avoir fait tous les tests possibles pour confirmer ou infirmer différentes hypothèses.

Puis Me Roux a changé de tactique pour débattre avec l'expert des diverses explications possibles de ces marques de coups sur la porte.

Oscar Pistorius dit avoir tiré en aveugle en croyant qu'un cambrioleur était dans les toilettes alors que, dans la panique, il ne portait pas ses prothèses jambières et était donc sur ses moignons. Ensuite, il affirme être revenu dans la chambre mettre ses prothèses et s'être alors aperçu que Reeva n'était pas au lit. Comprenant alors qu'elle était peut-être dans les toilettes, il dit être reparti, sur ses prothèses, défoncer la porte à coup de batte de cricket.

A son tour le procureur accrédite sa thèse

Tout le débat tourne autour de la position du sportif amputé lorsqu'il a défoncé la porte. L'expert scientifique, le colonel Gerhard Vermeulen, affirme que Pistorius était sur ses moignons, et non sur ses prothèses, compte tenu de la hauteur et de l'angle des traces de coups sur la porte. Ce qui battrait en brèche, comme d'autres témoignages, la version de Pistorius.

L'avocat a donc amené l'expert sur le terrain des hypothèses: «Nous travaillons sur une supposition,. Admettons que les marques en bas de la porte soient les marques de coups de pieds de Pistorius, frappant avec ses prothèses.» Réplique de l'expert: «Si l'accusé était sur ses jambes prothétiques lorsqu'il a frappé avec la batte, alors il a dû frapper dans une position très inconfortable et pas du tout naturelle».

Interrogé ensuite par le procureur Gerrie Nel, l'expert a été plus catégorique encore. Dans toutes les hypothèses, selon lui, l'angle de frappe de la batte contre la porte prouve que l'accusé n'était pas sur ses prothèses: «Il est impossible de causer ces deux marques en se tenant debout dans cette position», a dit le colonel Vermeulen. De plus, l'expert a affirmé qu'il était impossible de dire si les coups portés en bas de la porte avaient été portés avant ou après les coups de feu mortels.

Le procureur cherche ainsi à accréditer sa propre version: les deux jeunes gens se disputaient, Reeva Steenkamp s'est réfugiée dans les toilettes, Pistorius a d'abord frappé contre la porte pour lui demander d'ouvrir. Puis, furieux, il a saisi son arme et fait feu à travers la porte en bois. C'est ensuite seulement qu'il a utilisé la batte de cricket pour enfoncer la porte et dégager sa victime.


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