Des pots en terre cuite cassés et la vase ont, avec le temps, recouvert le ponton abandonné où est ancrer la barge de Dominique Aubry, retrouvée pendue dans sa luxueuse péniche le 1er décembre 2005. La cour d’assises des Hauts-de-Seine - jurés, magistrats et avocats - va se déplacer ce vendredi après-midi dans l’habitacle, avenue du général Koening à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). «L’idée est de mettre des images sur ce procès et de se représenter la configuration des lieux», explique une source judiciaire.
Depuis le 4 mars, deux hommes , Olivier Eustache et Franck Renard Payen sont jugés pour l’assassinat de cette richissime veuve d’un marchand d’art, accusés d’avoir maquillé leur crime en suicide par pendaison. Ce dernier, légataire universelle de la veuve Aubry, joue gros. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. A l’inverse, s’il est acquitté, il pourra prétendre aux 14 millions d’euros d’héritage.
Bataille des expert
S’il est assez aisé de penser que Franck Renard Payen et Olivier Eustache, les derniers à avoir vu Dominique Aubry vivante, pouvaient avoir plusieurs raisons de maquiller le meurtre – surtout financière – en suicide, l’accusation a bien du mal à trouver le début du commencement d’une preuve concrète de leur implication. L’ADN d’Eustache prélevé sur la corde utilisée par la veuve pendue? Il pouvait très certainement l’avoir manipulée à plusieurs reprises dans d’autres circonstances puisque cette corde de nylon bleu servait à accrocher un canot à moteur sur la barge.Des imprécisions existent pourtant bel et bien dans le dossier d’instruction. Et même des contradictions, à commencer chez les experts. Trente-six d’entre eux – un nombre exceptionnel pour une affaire criminelle – ont été mandatés pour déterminer si la veuve Aubry s’est elle-même suicidée ou si elle a été assassinée puis pendue. Les conclusions vont d’un extrême à l’autre. «Aucun élément ne va à l’encontre d’une pendaison volontaire» pour les uns, «intervention d’un tiers», voire même «strangulation» pour les autres.
Cocktail détonant d’alcool et de médicaments
Le déplacement de la cour d’assises sur les lieux du drame va permettre aux jurés de matérialiser la scène dont ils entendent la description depuis une semaine. «C’est important de se rendre compte de choses concrètes par soi-même, surtout dans ce type de procès où il y a finalement beaucoup de paroles et d’expertises, de surcroit contradictoires», justifie une source judiciaire.Selon plusieurs témoins, la veuve Aubry était suicidaire depuis la mort de son mari, décédé d’une crise cardiaque dans un avion qui les ramenait de l’Ile Maurice. Tout au long du voyage, elle avait dû rester à côté du corps. Depuis, elle était tombé dans l’alcool et les médicaments.
Le verdict est attendu le 21 mars.
http://www.20minutes.fr/societe/1322706-suicide-ou-assassinat-a-neuilly-la-cour-d-assises-va-visiter-la-peniche-de-la-veuve-aubry
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