lundi 9 mars 2015

Elle a tenté trois fois de tuer sa mère atteinte d'Alzheimer: 2 ans de prison ferme requis

Une peine de cinq ans de prison dont deux ans ferme a été requise lundi à l'encontre de Bernadette Colin, jugée pour avoir tenté de tuer, en 2009, à Montpellier, sa mère atteinte de la maladie d'Alzheimer. Le verdict est attendu cet après-midi.

Elle ne parvenait plus à s'occuper de sa mère malade. Bernadette Colin, 64 ans, comparaît depuis jeudi devant la cour d'assises de l'Hérault, à Montpellier pour tentatives d'assassinat sur sa maman. Outre cinq ans d'emprisonnement, dont deux ferme, le parquet a requis à son encontre un suivi socio-judiciaire et une obligation de soins pendant cinq ans. La sexagénaire encourt la prison à perpétuité pour cette tentative de matricide, mais l'avocat général Yvon Calvet a évoqué dans son réquisitoire "l'altération" du comportement de l'accusée au moment des faits pour justifier la peine qu'il a requise. Trois experts différents ont diagnostiqué un état bipolaire chez Bernadette Colin, dépressive.

L'avocat général a rappelé aux jurés qu'il fallait "aussi tenir compte du pardon des deux soeurs" de l'accusée. Celles-ci ont notamment témoigné au cours du procès de leur isolement face à la pathologie de leur mère.
Elle ne s'était jamais souvenue de l'agression de sa fille 
Yvon Calvet a néanmoins souligné qu'il ne s'agissait en aucun cas d'une euthanasie puisque la victime, en stade 4 sur 7 de la maladie d'Alzheimer, n'avait jamais exprimé le souhait de mourir et que l'euthanasie se caractérise par une mort douce: "Il s'agissait de se débarrasser de cette mère qui devenait encombrante, et ce, par tous les moyens. C'est un acte prémédité et il est essentiel que Bernadette Colin continue à se soigner pour comprendre son geste".
Cette professeure agrégée de lettres avait essayé de tuer sa mère Raymonde âgée de 87 ans, en tentant de l'empoisonner, de l'étrangler, de l'étouffer puis de la poignarder le 25 avril 2009, au domicile de la victime à Montpellier. Blessée, Raymonde Colin avait survécu à ses blessures et ne s'était jamais souvenue de l'agression de sa fille. Elle était finalement décédée 3 ans plus tard d'un cancer.
Le verdict devait être rendu dans l'après-midi de lundi après les plaidoiries de la défense.
 

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