>> Reportage: « On est venus voir les monstres » et « surtout ce qui a déconné »
Ce n’est même pas une éraflure sur la carapace de dénégations des deux accusés. Mais Marie Grimaud, l’avocate d’Innocence en danger, veut creuser. « De femme à femme, à quel moment doit-on vous croire ? » Cécile Bourgeon la fixe et assume : « C’est à vous de juger… Moi j’essaye de dire la vérité au maximum. »
Le vomi, le sac, la pelle et la tombe
Alors autant tout tenter. Le corps de la petite découvert le dimanche ? « En position de fœtus dans son lit avec du vomi plein la bouche », dit la mère. Le sac dans lequel il a été transporté ? « 80 cm. Celui de la maternité tout doux à l’intérieur ». La tombe ? Berkane Makhlouf mime comment il l’a creusée avec une pelle cassée… Quant à l’état dans lequel ils étaient ? « Mal… confirme ce dernier. On a écrasé du Skénan (morphine) qu’on a sniffé… »« Mais pourquoi toute cette mise en scène si vous n’aviez rien à vous reprocher ? », tonne Raphaël Sanesi de Gentile, l’avocat général. « Par peur d’une enquête sociale, poursuit Berkane Makhlouf. On ne voulait pas qu’on nous enlève les autres gamins. Et puis, on avait des plants de cannabis dans l’appart. » De quoi confirmer leur addiction. Pas cerner la vérité.
Un « feu d’artifice » mais pas de bleu
Alors, l’après-midi, les espoirs se reportent sur l’école de la fillette. Assistantes maternelles et institutrices défilent à la barre. Elles sont quatre à l’avoir vue quatre jours avant sa mort. « Blanche », « cernée », « triste », celle qui avait « les plus beaux yeux de l’école » -un « feu d’artifice »- n’allait visiblement pas bienMais aucune des enseignantes n’a remarqué un bleu ou un hématome. A aucun moment au cours de l’année scolaire. Ni celle d’avant d’ailleurs. « Je sais ce qu’est un signalement, se défend même la maîtresse. Mais Fiona me semblait moins en danger que d’autres enfants de sa classe. »
Les avocats de la défense ne se lèvent même pas pour vanter « le professionnalisme » de l’éducation nationale. Le président soupire. Et la cour se remet à se triturer le cerveau pour comprendre pourquoi ses parents ont fait croire à un enlèvement alors qu’ils avaient enterré Fiona aux abords d’une forêt.
Durant ces quatre jours, Berkane Makhlouf l’a-t-il frappé à mort lors d’une seule crise ? La petite a-t-elle avalé de la drogue par mégarde ? A moins qu’elle ne soit tombée en trottinette ? Il reste une semaine pour le découvrir. Pour« coups mortels ayant entraîné la mort sans intention de la donner », les deux accusés risquent toujours trente ans de réclusion.
http://www.20minutes.fr/societe/cour_d_assises-1/
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