mercredi 18 mai 2011

ASSISES DE L'OISE Quinze ans pour le meurtre de son frère

L'avocat général avait demandé 25 années de réclusion criminelle contre Jean-Philippe Caffin, 60 ans, accusé d'avoir tué son frère d'un coup de fusil.

Assise dans la salle des pas perdus du palais de justice de Beauvais, une femme pleure tandis qu'une amie la réconforte. La tension était trop lourde dans la salle d'audience de la cour d'assises qu'elle vient de quitter.

Un médecin légiste y explique comment Jean-François Caffin, l'homme qu'elle aimait et le père de sa fille de 13 ans, a été tué d'un coup de fusil dans le dos à Neuilly-en-Thelle le 10 juillet 2008. L'homme qui est accusé de ce crime n'est autre que Jean-Philippe Caffin, âgé de 60 ans, un des deux frères de la victime.

C'est elle qui vient à la barre parler de la victime: « C'était un musicien hors pair, un homme immense à tout point de vue. Il était ma lumière !» On en sait un peu plus sur "Jef" comme l'appelaient ses amis. Il était musicien et ingénieur du son. «Il préférait dialoguer plutôt qu'utiliser la force. Il était consciencieux. C'était quelqu'un de gentil.» Aucun des témoins interrogés à la barre par le président Philippe Damulot ne se souvient avoir vu, une seule fois, "Jef" en colère. « Lorsqu'il avait le sentiment d'avoir dit quelque chose d'un peu dur, il s'excusait aussitôt.», se souvient un de ses amis.

Pendant quelques instants pour les jurés de l'Oise, Jean-François Caffin a existé autrement que comme un nom cité lors de la lecture d'une ordonnance de mise en accusation.

Lorsque Me Éric Tabart, un des deux avocats de la partie civile, se lève pour prendre la parole, son client Michel Caffin, le grand frère de l'accusé et de la victime, ne peut contenir son émotion et éclate en sanglots. «C'est au nom des morts que je suis venu aujourd'hui devant vous.», plaide l'avocat avant de s'adresser directement à l'accusé qui, dans son box, garde la tête baissée: «Je ne vous trouve aucune excuse. » Me Jacques Tremolet de Villers intervient également pour les parties civiles et s'adresse aux jurés: «Pendant deux jours, l'accusé ne vous a pas dit la vérité. Il a tué son frère volontairement. Je ne voudrais pas qu'il sorte de prison avant que sa fille, qui a aujourd'hui 13 ans, n'atteigne la majorité.»

Une mort atroce, par étouffement

Dès le début de son réquisitoire, l'avocat général Hervé Tétier évoque la fin de Jean-François Caffin: «une mort atroce, par étouffement, après que les projectiles tirés par l'accusé ont perforé les deux poumons de la victime.» Le représentant de l'accusation brosse ensuite le portrait de Jean-Philippe Caffin, décrit comme un homme rigide que la détention provisoire n'a pas fait évoluer et qui n'a pas manifesté d'émotion lors du crime. Il demande 25 années de réclusion criminelle.

Me Emmanuelle Thiebaut-Gouin, avocate de la défense, brosse un tout autre portrait de son client. Un homme fragile dont le monde, constitué par la maison de famille, était en train de basculer parce que son frère voulait la vendre. Un homme qui aurait perdu la raison.

Les arguments de l'avocate ont été, en grande partie, entendus par les jurés qui ont condamné Jean-Philippe Caffin à 15années de réclusion.
http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-regionale/Quinze-ans-pour-le-meurtre-de-son-frere
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