mardi 8 février 2011

17 h 30 : Bissonnet fuit ses juges

Nouvel incident : l’accusé a quitté son box pendant la plaidoirie de Me Abratkiewicz. Le procès continuera sans lui. « Putain ! C’est pas possible d’entendre ces conneries ! » Dans la salle archi-comble, le claquement du poing sur le box résonne comme un coup de tonnerre. Jean-Michel Bissonnet, debout, éructe, tape contre la paroi de verre. « Vous allez continuer avec des mensonges comme ça ? Je vais casser quelque chose ! » Le président : « Vous ne pouvez pas interrompre la partie civile ! » L’accusé : « Vous voulez que je me tue ? Je ne veux pas continuer à entendre ça ! »


J’ai déjà foutu ma vie en l’air !
Et puis cette phrase terriblement ambiguë : « J’ai déjà foutu ma vie en l’air ! Je préfère
partir. » Comme la semaine dernière, Jean-Michel Bissonnet quitte le box en criant, obligeant le président à suspendre. Cette fois, le manque de médicaments n’est pas en cause. Le coup d’éclat, auquel on pouvait s’attendre, intervient après une demi-heure de plaidoirie de Me Abratkiewicz, l’un des deux avocats de Jean-Pierre Juan.


Plus tôt, le frère aîné de Bernadette était venu dire son sentiment sur le procès. « La mécanique de précision de la justice a rempli complètement sa mission. Dans cette affaire, tout est perverti (...) On voit un couple aimant et uni dans un décor sublime, mais où l’on sent une violence latente et constante, qui surgit de temps en temps et que l’on cache bien vite dans la fuite. Le courage fait défaut », avait-il insisté.


Et lorsque son avocat enchaîne, Jean-Michel Bissonnet décide de dynamiter l’audience. Il pourrait ne revenir que pour le verdict. « Jean-Michel Bissonnet dit qu’il ne veut pas entendre de mensonges, mais je crois qu’il n’a jamais voulu entendre la vérité », reprend Me Abratkiewicz après une heure et demie de suspension. Et il relie tous ces petits détails du comportement de l’accusé après « ce crime parfait qu’il a planifié et qui n’a pas fonctionné ». Il souligne sa volonté de « jeter en pâture aux gendarmes Meziane Belkacem ». Belkacem qui a avoué, mais qui ne peut être pardonné : « Vous l’avez achevée, cette vérité vous accable. » D’Harcourt ? « Vous avez accepté de souiller votre âme. » Reste le troisième accusé, « le maillon fort » de ce crime abominable auquel il refuse de faire face. Me Abratkiewicz en est convaincu : « Jean-Michel Bissonnet ne peut avouer l’inavouable. »


http://www.midilibre.com/articles/2011/02/07/A-LA-UNE-17-h-30-Bissonnet-fuit-ses-juges-1531405.php5

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