Le président de la cour d'assises de l'Hérault devant laquelle il est actuellement jugé n'a pas réussi à le calmer. Jean-Michel Bissonnet, accusé d'avoir commandité le meurtre de sa femme, Bernadette, en mars 2008, a laissé éclater sa colère lundi. "Putain, c'est pas possible, vos conneries. C'est pas possible d'entendre des mensonges comme ça. Je ne peux plus écouter", a-t-il crié, alors que Me Abratkiewicz, avocat du frère de la victime, pointait les "gestes troublants" de l'accusé au moment des faits.
"Laissez-moi sortir, je vais casser quelque chose. Vous voulez que je devienne fou, vous voulez que je me tue devant tout le monde ?", a crié Jean-Michel Bissonnet, tapant du poing, malgré les tentatives de ses avocats Me Senyk et Me Verine pour le ramener au calme. S'il avait manifesté son impatience à plusieurs reprises depuis le début du procès le 10 janvier, l'impulsif accusé, dont le premier procès avait dû être interrompu en octobre en raison d'une suspicion de subornation de témoin, n'avait jamais exprimé de tel mouvement de colère. Il n'a visiblement pas supporté les propos de Me Abratkiewicz pour qui il est "impensable" que les deux autres accusés "aient organisé seuls cet assassinat".
"C'était un couple heureux, complice, qui s'aimait"
Jean-Michel Bissonnet est présenté comme le commanditaire du crime commis par Méziane Belkacem, l'homme d'entretien occasionnel du couple, qui a avoué avoir tiré sur sa patronne, et le vicomte Amaury d'Harcourt, l'ami de 40 ans, qui a reconnu avoir participé à la préparation du forfait et fait disparaître l'arme. "On brandit le spectre de l'erreur judiciaire", mais "ce dossier n'est pas vide, il est riche. Les charges sont lourdes, évidentes", a souligné l'avocat de Jean-Pierre Juan, le frère de la victime. Il s'est également interrogé sur la "sincérité de l'émotion" de Jean-Michel Bissonnet quand, après avoir découvert le cadavre de son épouse le 11 mars 2008, il appelle les secours et dans le même temps éteint la télé, enferme son chien au premier étage, recouvre le visage de sa femme d'une veste et essuie la scène du crime avec une serpillière.
Mais "y a-t-il un code de bonne conduite" quand on est ravagé par la douleur, a argué un peu plus tôt l'avocate des enfants du couple et du père de la victime. "Ce qui est vertigineux à vivre, c'est qu'ils n'ont pas trouvé la moindre certitude concrète, palpable" de la culpabilité de M. Bissonnet, a affirmé Me Chalié, évoquant un "dossier un peu faiblard". Quant au mobile, "pourquoi aurait-il fait tuer" son épouse ? "C'était un couple heureux, complice, qui s'aimait. Cette famille forte, soudée, unie, au 21e siècle, c'est suspect, on n'y croit pas !", a ironisé l'avocate. "Vous ne pouvez pas vous appuyer sur des hypothèses ou des suppositions. Si vous avez un doute, votez blanc. Un jury a le droit de douter, vous le devez à ses enfants, à son père", a-t-elle conclu. Dans la matinée, Marc, le cadet des enfants, avait lui aussi appelé les jurés à juger "sur des faits, des vérités, pas des interprétations, des hypothèses". "C'est à se demander si j'ai envie que la vie continue. J'ai perdu ma vie, mes ambitions, ma joie de vivre, mon insouciance, j'ai tout perdu, tout", avait-il murmuré, secoué de sanglots. Avant la suspension de séance lundi, le verdict était attendu mercredi ou jeudi. Le procès a finalement repris lundi soir, mais sans Jean-Michel Bissonnet...
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