Quelques dizaines de secondes passent. Le temps que l'huissier aille voir l'accusé.
Puis le président Mocaer reprend : "monsieur Bissonnet refuse de comparaître car dit-il "je refuse les mensonges et la mauvaise foi". Comme hier, il y a donc lieu à passer outre son absence pour la suite des débats".
Me Phung va pouvoir commencer sa plaidoirie. Dans le box, il n'y a donc que Belkacem. D'Harcourt, lui, qui comparaît libre, est assis sur son fauteuil devant les premiers bancs de la salle.
9 h 20 - "L'inquiétant, le pervers, le meurtrier de sa femme, j'ai nommé Jean-Michel Bissonnet !"
Jean-Robert Phung, l'avocat du frère de Bernadette, Jean-Pierre Juan, commence sa plaidoirie. Il cible tout de suite sa proie : Jean-Michel Bissonnet.
"Chaque matin, je vois le même cauchemar, ici, tout n'est que chaos et dévastation, comme si un improbable B52 venait de déverser un nuage de Napalm afin que rien n'y vive, rien n'y repousse.Tout ça à cause de la folie d'un seul homme qui du haut de son box contemple ce champ de bataille. Laissez-moi vous présenter l'inquiétant, l'histrionique, le geignard, celui qui rie, celui qui pleure, le manipulateur, le transformiste, le pervers, le meurtrier de sa femme, j'ai nommé Jean-Michel Bissonnet !"
"Il envoie la photo de sa femme qu'il a fait assassiner !"
Le pénaliste continue à tirer à boulets rouges sur l'accusé absent. Il évoque notamment la tentative de subornation de témoins qui a conduit au renvoie du procès, début octobre 2010, lorsque Prevel devait venir aux assises faire un faux témoignage visant le vicomte.
"Bissonnet envoie la photo de sa femme qu'il a fait assassiner quelques mois plus tôt à Sébastien Prevel ! La photo de sa femme pour mieux crédibiliser ce faux témoignage ! Et interrogé il dit qu'il voulait tester Sébastien Prével ! Et lorsqu'il est pris, lorsqu'on l'interroge il dit "c'est la preuve de mon innocence". Bravo, j'applaudis, c'est très fort !".
"A l'insu du plein gré"
"Il n'y a aucun contact physique ou téléphonique entre Belkacem et d'Harcourt. Comment deux personnes qui ne se connaissent pas peuvent-ils se concerter en trois minutes pour préparer un assassinat entre un garage et une gazonnière ? Je veux qu'on me le dise !
Et si Bernadette a été assassinée à l'insu du plein gré de Jean-Michel Bissonnet, pourquoi ces deux personnes, Belkacem et d'Harcourt, les seuls contre-auteurs possibles, passent-ils la journée dans la maison de Castelnau-le-Lez avant d'aller la tuer ? Non, c'était une réunion préparatoire au crime entre les trois".
10 h 21 - "Le plan A, le plan B, le plan C"
Me Phung s'attache à démontrer le machiavélisme de Jean-Michel Bissonnet. Qui selon lui avait tout prévu dans l'assassinat de sa femme y compris des plans B et C.
"Le plan A de Jean-Michel Bissonnet, ce joueur d'échec, c'est que l'assassinat de Bernadette réussisse sans bavure. Il est tellement pervers dans son raisonnement qu'il ne faut pas que celui qui tire garde le fusil. Vous voulez une explication à la venue de d'Harcourt?On ne peut pas laisser l'arme entre les mains de l'arabe de service, car il est capable de vous faire chanter et ce n'est pas un arabe qui va faire chanter Jean-Michel Bissonnet !".
"Le plan B : sus à l'arabe !"
"Le plan B lorsque ça s'est mal passé, c'est sus à l'arabe ! On sort cette histoire des 5000 € pour lesquels vous auriez tué, vous monsieur Belkacem, et monsieur d'Harcourt vous avez suivi dans ce plan, c'est pour ça que je vous en veux ! Mais en même temps qu'il sait que le plan A a foiré, Bissonnet est déjà dans le plan C qu'il lance innocemment lorsqu'il est entendu par les gendarmes : "je tiens à vous dire que pendant 5 minutes ces deux là, d'Harcourt et Belkacem, se sont entretenus dans ma maison le jour du crime".
"Vous allez dire à Jean-Michel Bissonnet qu'il ne passera pas"
Me Phung termine sa plaidoirie sur la question du mobile et en s'adressant aux jurés.
"Le code pénal vous demande de déterminer le meurtre, la préméditation, mais pas le mobile. Dans cette histoire, le fric est fondamental, la passion pour sa maison aussi. Vous allez dire à Jean-Michel Bissonnet, à ses sbires, ses mercenaires, ses coups de théâtre, que vous ne laisserez pas passer, qu'il ne passera au nom de la mémoire de Bernadette".
10 h 30 L'audience est suspendue 15 minutes.
La plaidoirie de Me Phung est terminée. Les débats sont sereins. Mais l'absence de Jean-Michel Bissonnet se fait forcément sentir. L'audience reprendra dans quinze minutes avec le début du réquisitoire.
10 h 53 - Bissonnet est reparti en prison.
L'audience est toujours suspendue. Renseignement pris, Jean-Michel Bissonnet, après avoir signé l'acte de l'huissier, a été reconduit dans sa cellule de Villeneuve-lès-Maguelone. Personne ne sait quand il reviendra et s'il assistera ou non à la suite des débats.
10 h 58 - Reprise. L'avocat général Guttierez va prendre la parole.
"Bissonnet a choisi de fuir son image"
"Les premiers mots du ministère public iront vers Florent et Marc : nous avons entendu leur souffrance et leurs témoignages montrent à quel point vous êtes détruits. La vérité vers laquelle nous allons vous est insupportable et inaccessible. Jean-Michel Bissonnet a choisi de ne plus assister à la fin des débats car c'est pour lui le miroir dans lequel il se reflète, cette image il a décidé de la fuir".
11 h 12 : "Il n'a pas eu le courage de tuer sa femme, il a commis un assassinat par procuration"
Georges Guttierez démarre ses réquisitions en ciblant Jean-Michel Bissonnet pour qui il est le seul instigateur de l'assassinat de Bernadette Bissonnet.
"Il a tout organisé, ce n'est pas une thèse, c'est la vérité judiciaire. Tout le reste, cette alliance entre Belkacem et d'Harcourt n'est qu'imagination, Bissonnet invente une fable judiciaire. Il n'a pas eu le courage de tuer sa femme, il a commis un assassinat par procuration et cherche un coupable de substitution".
Le direct c'est ici.....cliquez sur ce lien pour suivre le procès... http://www.midilibre.com/articles/2011/02/08/A-LA-UNE-2e-journee-de-la-5e-semaine-Bissonnet-sera-t-il-la-1532233.php5
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