Après avoir exigé la peine maximale contre le mari de la victime, l’avocat général a demandé 10 ans pour d’Harcourt, et 25 ans pour Belkacem.
Il y a dans cette affaire un sordide qui dépasse l’entendement. La préméditation, un meurtre sur un conjoint, une entrée par ruse, la nuit chez la victime, une pluralité d’auteurs. » Après trois heures d’un réquisitoire aussi interminable que confus, l’avocat général Pierre Denier a demandé la réclusion criminelle à perpétuité pour Jean-Michel Bissonnet, cet accusé dont il a finalement si peu parlé. S’installant curieusement au banc des parties civiles, le magistrat navigue dans « ce dossier d’une densité exceptionnelle » pour retracer « l’itinéraire criminel qui mène au passage à l’acte. »
Parfois,
le vaisseau amiral du ministère public paraît solidement ancré, quand il explique qu'« un contrat d’assassinat, ce n’est pas un acte notarié » ou qu’il défend les gendarmes : « Non, la section des recherches de Montpellier n’est pas la section de la falsification des PV. »
Mais il perd le cap, en voulant démonter d’autres hypothèses que les siennes. Souvent, il tangue : « Le verdict laissera une très grande amertume, car on ne saura pas pourquoi a eu lieu cet assassinat. Je ne détiens pas les clés du mobile. Il y a à l’évidence un mobile plurifactoriel. » Et finit par faire naufrage, en qualifiant de « d’armée des ombres et de morts psychiques » le père, le frère et les enfants de Bernadette Bissonnet.
D’Harcourt ? Dix ans et un mandat de dépôt, « pour cette amitié criminelle ». Vingt-cinq ans pour Belkacem, « qui a agi à la manière d’un tueur à gages, et a donné le coup de grâce dans des conditions atroces ».
Le matin, Georges Guttierez, moins verbeux, avait souqué ferme pour démontrer la culpabilité du trio. En écartant l’idée d’un complot fomenté dans le dos de Jean-Michel Bissonnet : « Si d’Harcourt avait voulu tuer Bernadette, il n’avait pas besoin de Belkacem. De même, si Belkacem voulait commettre un vol, il n’avait pas besoin de d’Harcourt. »
En touchant juste, aussi, en évoquant « le rapport colonial de dominant à dominé » liant le riche pied-noir à son jardinier harki. Dans ce dossier phare pour la justice montpelliéraine, seul Me Jean-Robert Phung, partie civile, surfe véritablement sur la vague de l’accusation. Dressant le portrait d’un accusé sinistre qui, « tel un général fou, contemple depuis son box le champ de bataille, avec un sourire de contentement de soi », il lance un message clair aux jurés : « Vous allez dire à Bissonnet, à ses sbires, à son fric, à ses coups de théâtre et à ses geignardises qu’il ne passera pas. »
http://www.midilibre.com/articles/2011/02/08/A-LA-UNE-Perpetuite-requise-contre-Jean-Michel-Bissonnet-1532375.php5
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