Les superlatifs ne manquent pas pour évoquer l'affaire des violeurs de Lameilhé à Castres qui sont jugés à partir de ce matin devant les Assises du Tarn. « Orange Mécanique » ou « actes de barbarie » : chacun tente d'y coller des images lorsque les mots finissent par manquer. Mais surtout, il y a quatre victimes qui sont toujours, selon leur avocat Me Jean-Philippe Lagrange, en réel état de choc. Depuis cette nuit du 11 mars 2009, un couple de quinquagénaires, Marie-Dominique et Francis, ressasse les instants de terreur qu'ils ont vécus. Réveillés en pleine nuit, ils ont été frappés, ligotés, menacés d'amputation avec un sabre s'ils n'indiquaient pas où se cachaient leurs bijoux. Ils ont été témoins des violences commises sur leur fils Thomas, âgé de 30 ans, qui est à l'origine d'une dette de 50 €, laquelle serait la raison de cette vengeance. Jennifer, la petite amie de Thomas, fut violée par deux des trois agresseurs. La maison fut ravagée par ces trois hommes formant un commando incontrôlable, qui ira jusqu'à jeter deux cocktails Molotov avant de s'enfuir. Les trois hommes qui ont commis tout cela vont être jugés par la cour d'Assises pendant quatre jours : viol, séquestration, vol avec violences et le tout en réunion. Le cerveau de cette expédition punitive, Frédéric Clébar, ancien militaire, 28 ans, était videur dans une discothèque du centre ville. C'est lui qui aurait confié quelques mois auparavant un billet de 50 € à Thomas censé partir en Espagne acheter de la drogue. Il devait lui ramener de l'héroïne mais finalement Thomas s'est dégonflé avant la frontière et a perdu l'argent. Cette dette insignifiante aurait ainsi fait monter un désir de vengeance poussé au paroxysme chez Frédéric Clébar. Il finira par trouver deux acolytes pour l'accompagner dans son délire vengeur. Le premier, Adrian Laporte, 21 ans, joueur de rugby « Espoir » au moment des faits et Yoan Baez, 20 ans, colocataire de ce dernier, qui restera un peu en retrait. Me Darribère, l'avocat de Frédéric Clebar, préfère attendre l'avancée des débats pour parler : « Il est en situation de repentir et regrette tout ce qu'il a fait », lâche-t-il. On peut s'attendre à quatre longues journées de procès pour plonger dans un scénario sordide et tenter de comprendre le degré de préméditation et l'enchaînement effroyable qui s'est abattu sur cette famille. Pour rien.
Tel un commando assoiffé de vengeance, trois hommes avaient déboulé en pleine nuit dans un pavillon de Lameilhé, violant une jeune femme de 23 ans et saccagant tout sur leur passage. Un épisode d'ultra-violence dont ils doivent répondreà partir d'aujourd'hui devant les assises, à Albi.
C'était «orange mécanique»
Avant de se rendre dans le pavillon, les trois auteurs ont beaucoup bu d'alcool. Ils se sont retrouvés chez Frédéric Clébar. Encagoulés, gantés, en tenue de « combat », ils se sont munis de gaz lacrymogène, matraque, Taser et sabre japonais. Au moment du départ, Frédéric Clébar qui s'est fait prêter un véhicule pour l'occasion, a même distribué des préservatifs à ses deux complices. Il a garé la voiture dans un champ, près de la maison. Le désir de vengeance n'a pas empêché les agresseurs de repartir avec un butin : des bijoux, 40 € que leur a rendu la jeune fille et différents objets (lecteur DVD… etc).
http://www.ladepeche.fr/article/2011/03/14/1034121-Proces-d-une-nuit-barbare-a-Castres.html
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