mardi 15 mars 2011

La petite fête avait viré au drame

La cour d'assises du Nord doit juger, à partir de ce matin, un jeune homme accusé d'avoir frappé et causé la mort de Hacène Bousseliou. Les faits s'étaient déroulés lors d'une soirée organisée à Quesnoy-sur-Deûle, une nuit d'avril 2007.
Quatre ans qu'ils attendent ça. Une audience devant les assises pour comprendre pourquoi leur frère est mort. « Nous voulons juste que l'accusé assume les coups violents qu'il a portés contre Hacène », explique Salima, l'une des soeurs de la victime. Paradoxalement, elle accueille l'ouverture de ce procès tant réclamé, ce matin, avec angoisse. « Nous venons de vivre quatre années difficiles. Quand on m'a annoncé la mort d'Hacène, c'est comme si on m'enlevait un membre. Toute notre famille a été détruite par cette histoire. Il n'y aura jamais de pardon de notre part pour tout le mal qu'on nous a fait. »
L'accusé




doit comparaître détenu
C'était le 28 avril 2007. Une soirée « défonce » à Quesnoy-sur-Deûle, dans une maison située au hameau du Chien, route de Comines.
Une bagarre éclate. Des coups sont portés. « Il n'a même pas eu le temps de riposter », s'insurge Salima. Hacène Bousseliou meurt des suites de ses blessures au CHR de Lille, après plusieurs jours de coma et un double traumatisme crânien. Il avait 34 ans. « Au cours de la soirée, pour des raisons encore obscures à l'heure actuelle, une bagarre éclate, resitue Me Stéphane Bulteau, avocat des parties civiles. Hacène Bousseliou est frappé. Il tombe. Toujours est-il que, et même si c'est contesté par l'accusé, la victime va recevoir des coups alors qu'elle est au sol. » Quelques jours plus tard, Anthony M., l'un des participants à cette funeste soirée, se présente chez les gendarmes et s'accuse. Il est placé en garde à vue.
Il minimise la violence des coups portés. Une version soutenue par de nombreux témoins. « Il n'y a jamais eu d'acharnement et encore moins d'intention homicide, souligne son avocate, Me Alice Cohen-Sabban. À l'issue de sa garde à vue, mon client est mis en examen pour violences volontaires ayant entraîné une ITT supérieure à huit jours. » Il est remis en liberté alors que la victime est encore dans le coma. Quand Hacène décède, la qualification change. Anthony M. est alors mis en examen pour coups mortels tout en restant libre comme l'air. Avant d'être rattrapé par la justice. Le jeune homme a fini par être placé en détention provisoire. « Il n'a pas respecté son contrôle judiciaire et l'injonction du juge qui lui interdisait de revenir dans la région et notamment à La Madeleine, d'où il est originaire » , souligne un proche du dossier.
D'ailleurs, cette liberté a toujours ulcéré la famille Bousseliou. « C'est vrai qu'on n'a jamais compris pourquoi il était libre, reconnaît Salima. Il y a quand même eu mort d'homme. C'était très difficile de continuer à vivre tout en sachant que celui qui a tué notre frère continuait à vivre sa vie*. Aujourd'hui, notre seul souhait, c'est que justice soit faite. » En l'espèce, ce jeune homme risque un maximum de quinze années de réclusion criminelle.
En découvrant ce matin le décorum d'une salle de cour d'assises, Salima aura forcément une pensée émue pour son frère. « On voit ça dans les films et là, ça va nous arriver en vrai. On croit toujours que ça n'arrive qu'aux autres, mais non. Je sais que ce sera difficile. Pour nous et pour notre mère.
On ne sait même pas si elle voudra venir... » Alors elle a prévu de parler d'Hacène, à la barre. Et les qualificatifs ne manquent pas.
« Sa présence nous manque. C'était quelqu'un d'humain, qui avait des sentiments. Altruiste, intelligent, attachant, patient. Jamais d'embrouille avec personne. Il aurait donné sa chemise aux plus nécessiteux. Il avait toutes les capacités. C'est tout ça qui rend son absence encore plus difficile à vivre. » w Tant que l'accusé n'est pas définitivement condamné, il reste présumé innocent

http://www.nordeclair.fr/Actualite/2011/03/15/la-petite-fete-avait-vire-au-drame.shtml


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