Lundi et hier, les jurés de la cour d'assises du Pas-de-Calais se sont penchés sur le cas de René Accart, qui a reconnu avoir porté un coup de couteau sur Anita Singer, en février 2009, dans un appartement de la place des Potiers, à Arras. Coup de couteau qui a entraîné la mort de cette Mazingarboise, sur fond de dispute alcoolisée.
Cette consommation a alimenté les débats. René Accart en a souffert. Même après deux ans de sevrage, il a l'air ravagé, le teint blanc-gris d'un homme usé. « Il a eu des déceptions amoureuses, il a perdu son travail, ses enfants. Dépressif, il est tombé dans l'alcool », relate son avocate, Me Dupriez.
Anita Singer a été décrite comme mère aimante, femme courageuse, coquette, selon ses garçons, Christophe et Sébastien. « Elle a voulu aider M. Accart, qui rencontrait des difficultés », pense savoir Christophe, qui a mal vu la relation naissante entre sa mère et René Accart, qui s'étaient rencontrés dans une guinguette, en 2003. « Je ne reconnaissais plus ma mère », dit Christophe Singer, relatant une alcoolisation galopante depuis cette rencontre. « On s'est connus dans la boisson. Elle buvait du whisky dans la boîte. C'est pas à cause de moi qu'elle a commencé à boire », rétorque René Accart.
Les disputes étaient nombreuses, dans ce couple qui vivait une relation en pointillés. Anita Singer aurait été victime de coups. Des violences allant parfois loin : cinq jours d'ITT, et du gazole déversé sur sa voiture, en 2008. « Une fois qu'elle était dans l'alcool, c'était dispute assurée », assène René Accart. « J'ai l'impression que c'est le procès de ma mère. Le fait de boire, ça mérite un coup de couteau ? », questionne Sébastien Singer.
Me Hareng, l'avocat de Christophe Singer, interpelle les jurés : « Vous avez compris pourquoi laver le corps, pourquoi aller chercher une serpillière, pourquoi il a pris beaucoup de temps pour tout nettoyer ? » Me Dubout, l'avocat de Sébastien Singer, s'est dit « frappé par l'absence totale d'empathie, de sentiment de regrets sincères ». Avis partagé par l'avocat général, relevant « l'absence de remords. On l'a criblé de questions pour avoir une réaction. Rien.
L'impassibilité totale. » Pas aidée par le manque d'explications de son client, Me Dupriez a précisé qu'« il n'y a pas d'autre motif qu'une dispute qui tourne mal. » Elle a voulu éclaircir le « nettoyage » : « Il a cru que la blessure était superficielle, il est allé se coucher, elle s'endort sur la table. C'est déjà arrivé. Il ne se rend pas compte de la gravité. Ça part d'un sentiment normal, amoureux, de dire qu'il va aller la coucher, il la nettoie. Il a pris soin d'elle. Après ce respect du corps, il a paniqué, il a appelé les secours. » Lesquels ont juste constaté le décès.
« La victime n'est pas morte de l'alcool. Je vous le dis les yeux dans les yeux, M. Accart, elle est morte des coups de couteau que vous lui avez donnés », a tonné l'avocat général, avant de requérir quinze ans de réclusion criminelle. René Accart a quitté Saint-Omer avec onze ans sur le dos. Il devra verser 20 000 E à chacun des fils d'Anita Singer, et 4 000 E à chaque petite-fille.
http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Lens/actualite/Secteur_Lens/2011/04/14/article_rene-accart-condamne-a-onze-ans-de-reclu.shtml
Anita Singer a été décrite comme mère aimante, femme courageuse, coquette, selon ses garçons, Christophe et Sébastien. « Elle a voulu aider M. Accart, qui rencontrait des difficultés », pense savoir Christophe, qui a mal vu la relation naissante entre sa mère et René Accart, qui s'étaient rencontrés dans une guinguette, en 2003. « Je ne reconnaissais plus ma mère », dit Christophe Singer, relatant une alcoolisation galopante depuis cette rencontre. « On s'est connus dans la boisson. Elle buvait du whisky dans la boîte. C'est pas à cause de moi qu'elle a commencé à boire », rétorque René Accart.
Les disputes étaient nombreuses, dans ce couple qui vivait une relation en pointillés. Anita Singer aurait été victime de coups. Des violences allant parfois loin : cinq jours d'ITT, et du gazole déversé sur sa voiture, en 2008. « Une fois qu'elle était dans l'alcool, c'était dispute assurée », assène René Accart. « J'ai l'impression que c'est le procès de ma mère. Le fait de boire, ça mérite un coup de couteau ? », questionne Sébastien Singer.
La scène « nettoyée »
Le coup de couteau, c'est ce qui met un terme définitif à l'histoire, le 17 février 2009. Une dispute de plus, sur fond d'alcool. Il veut appeler ses filles, elle coupe les fils du téléphone. Il lui porte un coup de couteau sur l'épaule gauche. Elle agonise, mais il ne voit rien. La suite est étonnante. « Il la frappe. Il appelle les secours ? Non. Il va se coucher. Le point le plus surprenant du dossier est avec le nettoyage de la scène du crime. Il a fait place nette », décrit l'avocat général, Adam Chodkiewicz. René Accart confirme avoir lavé le couteau, épongé le sang, nettoyé le corps d'Anita Singer avant de la coucher. Elle ne se réveillera jamais. « Derrière ça, nous n'avons aucune explication rationnelle sur "pourquoi il a fait ça ?" » reprend l'avocat général.Me Hareng, l'avocat de Christophe Singer, interpelle les jurés : « Vous avez compris pourquoi laver le corps, pourquoi aller chercher une serpillière, pourquoi il a pris beaucoup de temps pour tout nettoyer ? » Me Dubout, l'avocat de Sébastien Singer, s'est dit « frappé par l'absence totale d'empathie, de sentiment de regrets sincères ». Avis partagé par l'avocat général, relevant « l'absence de remords. On l'a criblé de questions pour avoir une réaction. Rien.
L'impassibilité totale. » Pas aidée par le manque d'explications de son client, Me Dupriez a précisé qu'« il n'y a pas d'autre motif qu'une dispute qui tourne mal. » Elle a voulu éclaircir le « nettoyage » : « Il a cru que la blessure était superficielle, il est allé se coucher, elle s'endort sur la table. C'est déjà arrivé. Il ne se rend pas compte de la gravité. Ça part d'un sentiment normal, amoureux, de dire qu'il va aller la coucher, il la nettoie. Il a pris soin d'elle. Après ce respect du corps, il a paniqué, il a appelé les secours. » Lesquels ont juste constaté le décès.
« La victime n'est pas morte de l'alcool. Je vous le dis les yeux dans les yeux, M. Accart, elle est morte des coups de couteau que vous lui avez donnés », a tonné l'avocat général, avant de requérir quinze ans de réclusion criminelle. René Accart a quitté Saint-Omer avec onze ans sur le dos. Il devra verser 20 000 E à chacun des fils d'Anita Singer, et 4 000 E à chaque petite-fille.
http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Lens/actualite/Secteur_Lens/2011/04/14/article_rene-accart-condamne-a-onze-ans-de-reclu.shtml
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