jeudi 14 avril 2011

Un Heuringhémois jugé pour viols aggravés sur sa nièce

Un Heuringhémois de 48 ans (1), est jugé depuis hier ...

par la cour d'assises du Pas-de-Calais à Saint-Omer pour viols aggravés sur mineure de moins de quinze ans. Les quatre faits reprochés à l'accusé ont été commis en 1995-1996 sur sa nièce, âgée alors de 11 ans.
L'accusé encourt entre un et vingt ans de réclusion criminelle.
Une petite fille souriante au milieu d'une famille unie. Une jeune femme, seule, au visage fermé. Entre les deux photos de la partie civile prises à dix ans d'intervalle et projetées, hier, aux jurés de la cour d'assises, c'est plus qu'un contraste, c'est un gouffre. Aussi profond que celui qui sépare désormais les membres d'une famille d'Heuringhem. D'un côté l'accusé : un vieux garçon de 48 ans qui vit toujours chez sa mère. Il est décrit, par les psychologues et les psychiatres, comme inhibé, timide, mal à l'aise dans sa relation avec les autres, notamment avec les femmes, mais ni pervers, ni pédophile. Sa première relation sentimentale ne date que de 2004. C'est un travailleur acharné qui a repris l'affaire familiale et dont les seules distractions étaient les foires agricoles et... les revues pornographiques.
De l'autre côté, la soeur de l'accusé, mère de la plaignante, et son frère qui soutiennent la jeune femme.
L'affaire éclate en octobre 2007 alors qu'une tante par alliance de la partie civile voit cette dernière en présence d'un dealer notoire. Or, la jeune femme, toxicomane, a été condamnée à un an de prison pour trafic de stupéfiants. Ses parents la sermonnent et c'est là qu'elle indique qu'elle est tombée dans la drogue à cause des quatre viols commis par son oncle alors qu'elle était enfant. Une plainte est déposée. L'Heuringhémois est interpellé par les gendarmes le lendemain puis placé en garde à vue. Après avoir nié les faits reprochés il en avoue une partie lors de sa deuxième audition entre 22 h et 0 h 30 « parce que les gendarmes m'ont mis la pression », a-t-il dit à la barre. Devant le juge d'instruction et hier à l'audience il a nié en bloc et plaidé non coupable.
Éric Dupont-Moretti a dénoncé les conditions de l'obtention des aveux et condamné plus largement la garde à vue. L'avocat de la défense s'en est pris aussi de façon virulente à Patrick Sendral, vice-procureur de la République de Saint-Omer qu'il a qualifié d'« omniprésent dans ce dossier ». Il s'est insurgé contre l'examen psychiatrique pratiqué sur l'accusé pendant sa garde à vue « une pratique rarissime qui n'a que pour but de sacraliser les aveux de mon client ». De même, il s'est interrogé. « Alors que l'accusé avoue des faits graves de viol, il n'est pas présenté immédiatement au juge d'instruction. Pourquoi ? » Également dans le collimateur de l'avocat lillois, le gendarme directeur d'enquête, aujourd'hui pacsé avec l'un des témoins à charge dans ce dossier.
Aujourd'hui, la cour d'assises entendra trois témoins avant la plaidoirie de la partie civile, le réquisitoire de l'avocat général et la plaidoirie de la défense. Le verdict est attendu ce soir.
(1) Nous ne divulgons pas l'identité de l'accusé pour préserver celle de la partie civile. 
http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Saint_Omer/actualite/Secteur_Saint_Omer/2011/04/14/article_un-heuringhemois-juge-pour-viols-aggrave.shtml

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