samedi 7 mai 2011

ASSISES DE L'OISE Quarante-cinq coups de couteau

Le procès de Cyril Hiberty s'est ouvert hier et se terminera mardi. Les jurés doivent tenter de comprendre pourquoi il a tué ses trois enfants.

L'ambiance est lourde, très lourde dans la salle d'audience de la cour d'assises de l'Oise, à Beauvais. À la demande du président Philippe Damulot, la greffière vient de lire l'arrêt qui renvoie Cyril Hiberty, 37ans, devant la juridiction criminelle.

Les jurés, cinq hommes et deux femmes, savent désormais que, pendant trois jours, ils vont devoir examiner un dossier pénible puisqu'il y est question de la mort de trois enfants tués, à coups de couteau, par leur père. Ils étaient âgés de 2, 4 et 7 ans.

Vêtu de gris, Cyril Hiberty regarde le président. À aucun moment il ne tourne la tête vers Aurore, la mère des trois petits, et vers sa famille qui l'entoure sur le banc des parties civiles. Il s'exprime d'une voix claire et répond sans difficulté aux questions que lui pose le président.

La mère de l'accusé est morte alors que ce dernier n'était encore qu'un petit enfant. Il apprendra bien plus tard que cette femme est décédée après une dispute avec son père. Il sera donc élevé par son père et la nouvelle compagne de ce dernier qui, affirme-t-il, le battait.

Il suit une scolarité normale qui débouche sur un BEP de menuiserie et, après plusieurs emplois, devient chauffeur pour une société de transport.

Il est très jeune lorsqu'il rencontre Aurore.Elle est la première femme qui compte dans sa vie. Après quelques années, Aurore et Cyril Hiberty décident de vivre ensemble.

Au moment du drame, la famille vit dans un immeuble de Bornel, au sud de l'Oise. L'accusé partage sa vie entre son travail, où il bénéficie d'une excellente réputation, le football et les mondes virtuels d'Internet auxquels il voue une véritable passion. Ce loisir lui prend parfois plus de trois heures par jour, ce qu'Aurore supporte de moins en moins.

Mais Cyril Hiberty ne s'en rend pas compte. Il vit ses passions mais supporte mal que son épouse puisse vouloir avoir, elle aussi, une vie sociale. Il est jaloux et téléphone à Aurore souvent pour savoir ce qu'elle fait, avec qui elle parle.

La jeune femme finit par en avoir assez et, sans que ce dernier s'en rende véritablement compte, elle s'éloigne de lui. Sur son lieu de travail, elle rencontre un autre homme. «Ce n'est pas à cause de lui qu'elle a décidé de quitter Cyril. Elle se posait la question depuis un bout de temps. Ça a juste joué un rôle de catalyseur», explique une amie d'Aurore à la barre des témoins.

Le drame se noue le 28décembre2007 lorsque la jeune femme indique clairement à son mari qu'elle le quitte. Bien sûr, Cyril Hiberty reconnaît être le responsable de la mort de ses enfants mais il donne, trop souvent, l'impression de vouloir rejeter une partie de la responsabilité sur les autres et singulièrement sur son ex-épouse.

On apprend qu'elle lui aurait dit «Vas-y tue-les tes bâtards!» et qu'elle lui aurait même tendu les couteaux utilisés lors du crime. Autant d'accusations niées par Aurore et qui semblent peu crédibles.

Une phrase, tirée de l'acte d'accusation, a résonné longtemps dans la salle d'audience. C'est le petit Melvin, 4 ans, qui l'a prononcée alors que son père le frappait à coups de couteau. «J'ai mal, papa!»
http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-regionale/Quarante-cinq-coups-de-couteau

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