mardi 10 mai 2011

ASSISES DE L'OISE Trois petits corps ensanglantés et une mère blessée à vie

La seconde journée du procès de Cyril Hiberty a été consacrée à l'examen du triple meurtre de ses trois enfants, massacrés dans leur lit.

Qu'elle est digne Aurore Hiberty, cette jeune mère de famille qui, dans la nuit du 27 au 28décembre2007 a perdu ses trois enfants Maeva, Melvin et Damien, âgés de 2, 4 et 7 ans.

Trois petits qui ont été tués, à coups de couteau, par leur père Cyril Hiberty. Aurore venait de lui annoncer qu'elle le quittait pour vivre avec un autre homme qui, contrairement à Cyril Hiberty, ne passerait pas son temps devant son ordinateur à s'imaginer roi du peuple virtuel d'un jeu de rôle sur Internet. Qu'ils sont vains, celles et ceux qui, aujourd'hui encore, se permettent de juger de la qualité des larmes et de la peine de la jeune mère.

«Je l'ai rencontrée dix jours après l'enterrement des enfants et elle ne pleurait même pas, Monsieur le président, alors que moi je pleurais tout le temps», indique une femme à la barre des témoins.

Et le président Philippe Damulot de rétorquer: «C'est peut-être tout simplement parce qu'elle n'avait plus de larmes.» Me Lydia Toscani, avocate des parties civiles, se lève et s'adresse à son tour au tém oin: «Madame, vous avez déjà perdu un enfant?» «Non», répond la femme. «Mais vous vous pensez à même de juger du chagrin d'Aurore?» «Oui!», confirme-t-elle. «Vous êtes bien la seule dans cette salle, madame». Aurore Hiberty se lève en larmes: «Ils étaient mes bébés. C'était tout pour moi.»

Les médecins légistes énumèrent les coups de couteau reçus par les enfants. Quatorze pour Maeva, douzepour Melvin, huit pour Damien. Les petits n'avaient aucune chance de survivre, les experts sont formels.

L'accusé, s'il reconnaît avoir porté les coups de couteau, ne se souvient pas exactement dans quelles circonstances: «J'ai des flashs mais il y a des trous. Je ne me souviens pas de tout. Je voudrais vous en dire plus mais je ne peux pas.»

Le président Philippe Damulot entend un des pompiers intervenu le soir du drame. Ce dernier se tourne vers le banc de la partie civile. Il a transporté la petite Maeva morte et ne l'oubliera jamais: «Elle était toute petite. Elle avait exactement l'âge de ma fille. »
Suite et fin des débats aujourd'hui.

http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-regionale/Trois-petits-corps-ensanglantes-et-une-mere-blessee-a-vie

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