"Je préfère ne pas m'exprimer sur ce point", a-t-il dit. "Je préfère que d'autres le fassent. S'ils ne disent pas la vérité, je rectifierai". "J'ai eu connaissance de certains faits", a-t-il dit avant de reformuler de façon sybilline : "D'un fait qui concerne une personne et moi-même". Malgré les demandes du président, il a refusé d'en dire plus. "J'espère que les gens qui m'ont mis en cause vont dire la vérité", a-t-il ajouté en référence aux accusations, plus tard rétractées, de certains membres du commando. "Ils ont maintenu le mystère pendant toutes ces années. Moi, je suis la victime de ce qu'ils m'ont fait".
"Je ne sais pas tout !"
Les six membres du commando qui ont été condamnés en 2003 pour l'assassinat du préfet, le 6 février 1998 à Ajaccio, doivent venir témoigner à la fin du mois. "Pour une fois, prenez vos responsabilités! Quels sont leurs mensonges?", lui a demandé l'un des avocats de la famille Erignac, Me Philippe Lemaire. "C'est à eux de le dire, sinon on va dire que je les ai influencés", a répondu Colonna, avant de sortir de ses gonds. "Je ne sais pas tout, Me Lemaire, je ne sais pas tout!", a-t-il crié, très énervé. "Je ne sais pas pourquoi ils m'ont mis en cause. J'espère qu'ils vont dire la vérité, me concernant moi!".
L'un de ses avocats, Me Pascal Garbarini, a interprété cette colère comme "un cri de souffrance". "Ca veut dire que vraisemblablement encore une fois, il attend le commando", a-t-il dit devant la presse. "Il réclame les raisons pour lesquelles ils l'ont accusé, mais également les raisons pour lesquelles ensuite ils se sont rétractés". Du côté des parties civiles, Me Benoît Chabert, qui représente l'Etat, s'est montré sceptique. "Quelles vérités?", a-t-il demandé. "S'il en a, il les dit maintenant. Pourquoi attendre? Si ce n'est pour essayer de faire planer un mystère qui est plus une stratégie de communication qu'une politique de défense".
"J'ai jamais tué"
Yvan Colonna a aussi affirmé mercredi n'avoir "jamais tué" ni "jamais envisagé de tuer personne". Alors que l'un de ses avocats lui demandait sa position sur l'assassinat du préfet, Yvan Colonna a commencé par se remémorer ses deux premiers procès. En 2007, "je me suis adressé à la famille Erignac" pour dire que "je comprenais leur douleur, leur tristesse, leur deuil. J'ai été insulté le soir même devant les caméras", a-t-il dit. Plusieurs fois, "on m'a traité d'assassin cynique, de lâche qui fuit ses responsabilités".
"En 2009, quand j'ai quitté le procès, Mme Erignac a dit que j'était un lâche et un fuyard. On a même dit que je n'avais pas d'honneur corse". "Il n'y a pas d'honneur corse, breton, kurde ou thaïlandais", a-t-il poursuivi. "L'honneur est universel." "Le respect de la vie humaine est important pour moi", a-t-il ajouté. "Je l'ai prouvé dans ma vie. Quand j'étais maître-nageur, pompier, j'ai sauvé des gens". "Ma réponse est claire dans ce qui a été ma vie". "Il y a douze ans que je suis en galère, huit ans que je suis en prison, des fois je m'énerve, il faut le comprendre. Par contre, il faut qu'on arrête de m'insulter. Si on m'insulte encore, je répondrai au coup par coup", a-t-il prévenu.
Un "montage à charge"
Lors d'une matinée consacrée à son examen de personnalité, Yvan Colonna a répondu posément et en détails à toutes les questions du président, Hervé Stephan. Il a en revanche manifesté son impatience devant les questions des parties civiles et des avocats généraux, qui cherchaient à le mettre en difficulté. Yvan Colonna a aussi dénoncé un "montage à charge" contre lui lors de l'instruction. "Bien que ce soit la troisième fois que je passe devant une cour d'assises, c'est toujours aussi intimidant et stressant", a déclaré Yvan Colonna.
Lors d'une matinée consacrée à son examen de personnalité, Yvan Colonna a répondu posément et en détails à toutes les questions du président, Hervé Stephan. Il a en revanche manifesté son impatience devant les questions des parties civiles et des avocats généraux, qui cherchaient à le mettre en difficulté. Yvan Colonna a aussi dénoncé un "montage à charge" contre lui lors de l'instruction. "Bien que ce soit la troisième fois que je passe devant une cour d'assises, c'est toujours aussi intimidant et stressant", a déclaré Yvan Colonna.
S'exprimant pour la première fois durant ce procès sur les faits qui lui sont reprochés, il a qualifié de "document à charge" l'acte d'accusation qui avait été lu la veille. "Ça me rappelle les heures pénibles que j'ai vécues avec les juges d'instruction, Gilbert Thiel et Laurence Le Vert", a-t-il ajouté. Selon lui, les deux juges à cette époque "assènent des vérités, ne me mettent jamais en position de m'expliquer". "Tout un montage a été fait à charge", a-t-il affirmé. "Vous contestez donc les faits qui vous sont reprochés, tant l'assassinat du préfet que l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella ?" lui a demandé le président. "Evidemment !", a répondu Colonna.
Le berger de Cargese (Corse-du-Sud) est jugé depuis lundi par la cour d'assises spéciale de Paris pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac, le 6 février 1998 à Ajaccio. Il a été condamné deux fois à la perpétuité, mais le verdict de son procès en appel a été annulé par la Cour de cassation pour un vice de procédure. Mis en cause par plusieurs de ses présumés complices, qui se sont ensuite rétractés, il a toujours clamé son innocence.
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