L'hormone, fabriquée à partir de glandes prélevées sur des cadavres, s'était révélée porteuse de l'agent de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, affection incurable du cerveau. Elle a été administrée de 1980 à 1988 à 1.698 enfants avant d'être remplacée par une hormone synthétique. Après plus de vingt ans de procédure, les prévenus avaient été renvoyés devant le tribunal pour "tromperie aggravée, homicides et blessures involontaires". La défense a toujours mis en avant l'impossibilité de prévoir le risque de transmission du fait de l'insuffisance des connaissances médicales de l'époque sur la maladie de Creutzfeldt-Jacob.
L'Etat a déjà versé 31 millions d'euros d'indemnités et en première instance, l'existence d'une faute civile a été aussi reconnue, avec d'autres indemnités à la clé pour les victimes. Comme dans de nombreuses affaires sanitaires, dont le dossier du sang contaminé, l'enjeu de la procédure était donc, non pas la reconnaissance d'une faute, déjà admise, mais la reconnaissance d'un délit pénal. C'est sur ce point que le tribunal avait prononcé la relaxe pénale en première instance, estimant qu'on ne pouvait établir avec certitude que les prévenus connaissaient le risque. Deux des prévenus relaxés en première instance sont morts entre le premier et le second procès, Jean-Claude Job, ex-président de l'association France Hypophyse, et Marc Mollet, ancien responsable de la Pharmacie centrale des hôpitaux, distributrice de l'hormone.
Tous les enfants ayant reçu les mêmes soins à cette époque et, devenus jeunes adultes aujourd'hui, restent sous la menace de développer la maladie, dont l'incubation peut dépasser 30 ans.
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