mardi 3 mai 2011

Le meurtrier de Marylène aux assises

Sans jamais oser déposer plainte contre son ex-compagnon, elle avait néanmoins signalé plusieurs fois agressions et pics de violence avec des mains courantes. Pour informer la police « au cas où cela deviendrait plus grave », indiquait Marylène lors d’une de ses dernières démarches. A croire que cette femme, disparue à l’âge de 48 ans, savait que son ex-compagnon la tuerait.
Pour l’avoir poignardée à mort, le 23 juin 2009 à Gennevilliers, au pied de la Cité Rouge, Jacques Béranger comparaît depuis hier et jusqu’à ce soir devant la cour d’assises des Hauts-de-Seine. Cet homme de 55 ans est jugé pour assassinat — l’accusation retient donc qu’il a prémédité son geste — et risque la réclusion criminelle à perpétuité.
Décrit comme « fruste », l’accusé paraît comme étranger à son propre procès. Regardant ses pieds plus que les jurés, les épaules rentrées, cet homme costaud, soudeur de formation, laisse filtrer peu d’émotion. La présidente, Sabine Foulon, doit multiplier les questions pour obtenir au mieux un morceau de phrase, plus souvent un oui ou non. Alors « oui », il aimait Marylène et n’envisageait pas la vie sans elle. Et « non », il ne pouvait accepter le départ de sa bien-aimée en Guadeloupe.
Quatre mois avant le drame, Marylène a fui la métropole, fui son compagnon collant et effrayant, pour retourner s’installer sur ses terres natales. « Elle avait peur, très très peur de lui, témoigne à la barre Célestin, le frère de la victime. Pour quitter son travail, sa maison, partir comme ça avec les enfants, c’est que ma sœur avait extrêmement peur de ce monsieur. »
En juin, Marylène revient à Gennevilliers pour les obsèques de sa nièce. Sa tante l’héberge, à la Cité Rouge. Vers 8 heures le 23 juin, elle sort de l’immeuble pour rejoindre l’aéroport. Jacques l’attend, un couteau dissimulé sous une manche. Caché dans une voiture, il patientait depuis la veille au soir. « Vous lui avez tout de suite donné un coup de couteau? » demande la présidente. « Je ne sais plus », marmonne Jacques avant de regarder défiler, sans mot dire, les photos de la reconstitution du crime. Marylène a été poignardée à huit reprises, à la poitrine, à la gorge. Une blessure est profonde de 14 cm. « Vous vouliez absolument qu’elle meure? » reprend Sabine Foulon. « Oui. » « Vous l’aimiez? » « Beaucoup. »
Jaloux, Jacques est « intolérant à la frustration », diagnostique l’expert psychiatre chez cet homme abandonné dès la petite enfance, dont « l’impulsivité » est aggravée par un « alcoolisme ancien ». Mais ce matin de juin, il était à jeun quand il a surpris Marylène au pied de l’immeuble. Une dizaine de témoins ont assisté à la scène sanglante, qui s’est déroulée à quelques mètres d’une halte-garderie et d’une crèche. Le drame avait plongé la cité et toute la ville dans une profonde émotion.
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