La cour d'assises de Paris a commencé à juger lundi un cuisinier franco-portugais de 39 ans qui a reconnu avoir tué deux prostituées thaïlandaises en 2008 à Paris pour des motifs qui demeurent obscurs. Domicilié au Luxembourg au moment des faits, David Rodrigues Meireles est accusé d'avoir porté de nombreux coups de couteau aux deux femmes de 28 ans, découvertes mortes dans un immeuble du XIe arrondissement le 23 décembre 2008.
Interpellé trois jours plus tard dans la capitale, il avait expliqué avoir pris rendez-vous avec les deux jeunes asiatiques qui proposaient des relations sexuelles tarifées et les avoir poignardées avant de prendre la fuite. Au fil des interrogatoires, les explications de M. Rodrigues Meireles pour expliquer son geste ont varié: après avoir affirmé qu'il les soupçonnait de vouloir lui dérober de l'argent, puis qu'il leur reprochait de se moquer de lui, le cuisinier avait finalement mis en avant d'importants besoins financiers liés à sa consommation de cocaïne, affirmant avoir dérobé la somme de 1.400 euros aux jeunes Thaïlandaises.
Face à la cour d'assises, cet homme de taille moyenne, réservé, qui se décrit lui-même comme "timide", a déclaré être "conscient" du crime qu'il avait commis ainsi que du "désespoir de la famille et des amis" des victimes. Le frère d'une des jeunes femmes et la mère de la seconde sont venus de Thaïlande pour assister au procès, un voyage en partie pris en charge par le ministère français de la Justice, selon l'avocat des parties civiles Henri de Beauregard.
Ces familles modestes s'étaient déjà endettées pour envoyer les deux filles travailler en France puis pour venir s'occuper du rapatriement des corps. Selon les enquêteurs, les deux jeunes femmes, qui avaient fait des études supérieures en Thaïlande, étaient arrivés clandestinement en France en 2007 et n'auraient rien confié à leurs familles de leur activité de prostituées. Assistés d'un traducteur, elles ont commencé à découvrir lundi la personnalité complexe de l'accusé, jusqu'alors inconnu des services de police, décrit comme un cuisinier de talent, plein d'ambition, non violent mais aussi menteur et flambeur, aux yeux de certaines connaissances.
Le verdict est attendu vendredi.
http://www.lequotidien.lu/region/22878.html
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