Au début de l'automne 2008, un Quimpérois avait été séquestré et torturé dans son appartement. Douze accusés seront jugés, en septembre, par la cour d'assises
On est mal. Si les flics le voient, on ira aux assises». Les propos de ses agresseurs avaient été rapportés par Stéphane, un Quimpérois de 36 ans, au lendemain d'un long calvaire de près de trois semaines. Séquestré dans son appartement de la place Guy-Ropartz, l'homme avait subi sévices et coups. L'oeuvre de plusieurs jeunes marginalisés. Les conclusions de l'enquête ont conduit, il y a un an, la chambre de l'instruction à renvoyer douze accusés devant la cour d'assises. Plusieurs d'entre eux pour séquestration et actes de torture et de barbarie. Les autres pour des crimes et délits connexes. Trois ans après les faits, ils seront jugés du 12 au 30 septembre par la cour d'assises du Finistère.
Souffre-douleur
Présenté comme l'instigateur de la séquestration, Steyven, 23ans, sera jugé détenu, comme trois autres des accusés. Ce jeune Quimpérois, déjà condamné à onze reprises, est décrit comme un délinquant précoce et incontrôlable. Comme deux de ses acolytes, il aurait marqué au fer la victime. Un «S», un «F» et un «D», les initiales de leurs prénoms. L'un des nombreux sévices infligés à Stéphane. Une victime vulnérable. Au moment des faits, il souffrait depuis longtemps d'une maladie psychotique associée à des difficultés intellectuelles. Une position qui a conduit ses agresseurs a en faire leur souffre-douleur. Quelques jours après que les policiers ont mis fin à son calvaire, l'homme évoquait les brûlures, les coups, les excréments à manger, l'eau bouillante dans le dos... «J'étais traité comme un chien. J'ai pensé à me foutre en l'air tellement je n'en pouvais plus», confiait la victime, dix jours après l'intervention de la police.
Une dette de 30 €
Un calvaire pour une dette de 30€ de cannabis. Le 15septembre 2008, son fournisseur avait débarqué à son domicile pour réclamer son argent. Un ravisseur qu'il connaissait depuis quelques semaines et qu'il avait déjà hébergé. Cette fois, il avait décidé de s'installer, se payant plus que largement sur la carte bancaire de sa victime. «À partir de là, il s'est comporté comme s'il était chez lui... Il dormait dans mon lit, moi par terre. Il a invité ses potes. L'appart devenait un lieu de rendez-vous où ils venaient me fracasser... Ils me frappaient tous les jours». Les faits s'étaient déroulés dans l'appartement et dans un squat de la rue de Brest. Deux jeunes invités à profiter du «bon plan» y avaient mis fin en alertant la police. Douze accusés qui devraient être jugés à huis clos: deux d'entre eux, poursuivis pour violences volontaires, étaient mineurs au moment des faits.
http://www.letelegramme.com/local/finistere-sud/quimper/ville/assises-actes-de-barbarie-le-calvaire-d-un-quimperois-08-06-2011-1329198.php
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