mercredi 8 juin 2011

Double tentative de meurtre : dix ans de prison

 Il comparaissait devant la cour d’assises pour avoir blessé d’une dizaine de coups de couteau son ex-compagne et le nouvel ami de celle-ci.
La cour d’assises de l’Ain a rendu son verdict, hier, à 15 h 30, dans l’affaire de la double tentative de meurtre. Denis Araujo, 36 ans, a été condamné à dix ans de réclusion criminelle, un suivi sociomédical de 5 ans qui peut être sanctionné de trois ans de prison s’il n’est pas effectué, assorti d’une condamnation à verser des dommages et intérêts à ces propres enfants et aux deux victimes.
Un verdict comme dénouement final du procès qui a débuté lundi mais surtout d’une relation tumultueuse entre un mari violent et sa femme, un être fragile et longtemps instable. Denis Araujo était poursuivi pour une double tentative de meurtre sur son ex-compagne et sur le nouvel ami de celle-ci, survenue le 29 juin 2010, dans la commune de Villebois, suite à une bataille juridique pour la garde des enfants.
Après la première journée du procès consacrée à l’audition des parties, des témoins, des proches et des experts, cette journée de mardi était dédiée aux plaidoyers des avocats des victimes, du procureur et de la défense.
C’est l’avocat qui représente l’Avema (Aide aux victimes et à la médiation dans l’Ain) et les enfants du couple, Nathan, 9 ans et Samuel, 5 ans, qui a pris, en premier, la parole. Interpellant la cour sur les difficultés auxquelles sont confrontées ces enfants car « oui, papa a fait une grosse bêtise ». Depuis les faits, ils ont vu leur vie complètement bousculée. D’abord, placés dans une famille d’accueil par les services sociaux, ils ont désormais retrouvé le foyer maternel. Mais l’avocat interroge l’assemblée : « Quelles séquelles garderont-ils de cette enfance brisée par un père qui a tenté de tuer leur mère ? »
La pression subie par cet homme peut-il expliquer un tel geste, un tel déchaînement de violence forcément motivé par l’intention de tuer.
« Encore un dossier de violences conjugales qui a dégénéré » : c’est par ces mots que l’avocat de la partie civile a débuté son plaidoyer. Denis et Estelle, ont, tous deux, vécu une enfance difficile les conduisant à effectuer des séjours en hôpital psychiatrique, lieu de leur rencontre. Déchirements, coups, ruptures et réconciliations ont, très rapidement, constitué le quotidien de ce couple maudit. « Pendant des années, il cogne et cogne sur sa femme et pour légitimer ça, il invente des motifs. Car quand il tape, ça le soulage. Niant l’existence de l’autre, il a besoin de son punching-ball pour se défouler », rapporte l’avocat d’Estelle et Fabien. L’objectif de son plaidoyer : prouver que l’acte a été prémédité. « Ce n’était certainement pas un coup de sang mais un acte réfléchi débouchant sur la seule rencontre d’une lame froide qui pénètre la chaire chaude », insiste-t-il.
Denis Araujo a assené ses victimes de coups de couteau. « Des coups donnés pour tuer », assure le procureur Taisne de Mulet qui a requis 12 à 15 ans de prison. Comme l’a constaté l’expert, Estelle et Fabien doivent leur salut à la mauvaise qualité de l’arme. « Ce qui leur reste, aujourd’hui, un profond traumatisme », ajoute-t-il.
Puis, c’est au tour de l’avocate de la défense de plaider. Elle retrace le passé du couple, date par date. Un couple déchiré, puis un père et une mère se disputant la garde des enfants à coups de procédures judiciaires. La défense tente de convaincre la cour de la responsabilité de la justice dans cette affaire. « Une justice qui n’a pas su prendre une décision logique au moment opportun. Une décision qui aurait, peut-être, permis d’éviter que cette situation compliquée vire au drame, déclare-t-elle. Car nous sommes confrontés, ici, à l’acte d’un homme désespéré provoqué par l’émotion mais surtout par la peur de se voir, un jour, privé de ses enfants ». C’est sur les paroles de la chanson des Rita Mitsouko qu’elle conclura comme un épilogue à ce procès : « Les histoires d’amour finissent mal en général ».
http://www.leprogres.fr/ain/2011/06/08/double-tentative-de-meurtre-dix-ans-de-prison

Aucun commentaire: