mercredi 8 juin 2011

Antibes: treizième condamnation pour le dealer récidiviste

La longue et convaincante plaidoirie de Me Soussi n'aura pas suffi à sauver son client. Le tribunal correctionnel de Grasse a condamné Sébastien D. à 4 ans de prison pour trafic de stupéfiants en état de récidive. En l'occurrence, il lui est reproché d'avoir acheté un kilo de cocaïne et 2 ou 3 kg de cannabis et d'en avoir revendu une grande partie.
Ce trentenaire au casier judiciaire bien garni (douze condamnations en dix ans), était le gérant de la station de lavage automobile installée au sous-sol du supermarché Leclerc d'Antibes-les-Pins. Une activité qui devait lui permettre de se réinsérer et de s'éloigner des tribunaux. « Mais en moyenne, je ne gagnais que 4 à 500 euros par mois. »

Le président interroge : « Avec votre concubine, vous déclarez environ 1 000 euros de revenus. Mais vous payez 200 euros de pension alimentaire et 700 euros de loyer. Il vous reste donc 100 euros par mois pour vivre. Comment faisiez-vous ? »

- « C'est pour ça que je suis devant vous aujourd'hui » répond Sébastien, interpellé le 30 mars sur son lieu de travail avec un sac contenant 20 000 euros en espèces. Sans faire de difficulté, il a indiqué aux policiers où se trouvait la drogue encore en sa possession, dont 450 grammes de cocaïne et 650 grammes de cannabis stockés dans une Ford Fiesta, stationnée non loin de son travail.

Rattrapé par son passé

- « Je suis conscient de la situation » poursuit le prévenu, « mais j'ai été rattrapé par mon passé. J'avais des dettes et certaines personnes sont venues me mettre la pression. J'ai cédé. C'est sûr je n'ai pas pris la bonne décision. »

D'autant qu'en récidive, Sébastien encourt jusqu'à 20 ans de prison. « Loin de moi de demander une telle peine » le rassure Madame le procureur, « mais je demande la peine plancher, soit quatre ans de prison avec maintien en détention. Vous dites que vous aviez des ennuis financiers, mais c'est sûr, c'est plus facile de gagner de l'argent en mettant les mains dans la poudre blanche plutôt que dans la mousse de lavage ! »

À la défense, Me Soussi, l'un des grands noms du barreau de Nice, « comprend les réquisitions du ministère public mais souhaite que le tribunal tienne compte de la volonté de se réinsérer » de son client, ajoutant que « si la première tentative a été un échec, ce n'est pas un échec définitif ». Peine perdue. Sébastien D. est condamné à la peine plancher, soit quatre années de prison. Il devra aussi s'acquitter d'une amende de 20 000 euros.

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