mercredi 15 juin 2011

Incendie mortel d’Amplepuis : le restaurateur assume

Qui se cache derrière ce jeune homme dont l’acte insensé a conduit à la mort d’une femme et de sa fille, prisonnières d’un feu allumé pour toucher l’assurance ? La première journée du procès, du drame d’Amplepuis, a été essentiellement consacrée à percer la personnalité de l’accusé. En acceptant la présence des objectifs et des caméras, Nicolas Thivel, bientôt 24 ans, a annoncé la couleur : il assume. Les nombreuses parties civiles attendent aussi des explications à ce geste absurde qui a conduit le jeune homme à incendier volontairement son restaurant, dans la nuit du 16 au 17 septembre 2009.
Thivel n’a que 21 ans quand il achète cet établissement situé au cœur d’Amplepuis, avec l’aide de ses parents. Il veut leur montrer, après un parcours scolaire et professionnel chaotiques, qu’il est capable. Il est travailleur mais il n’a pas les épaules, ni l’expérience pour ce job. Tout le monde pressent les difficultés mais le jeune homme, très introverti, continue à n’en faire qu’à sa tête, et s’attache à donner le change. Il offre les tournées en boîte et roule en 4x4 ou en moto. Quatre mois après l’ouverture, il est interdit bancaire. Au bout de huit, il est acculé par ses créanciers. Mais pas question de s’afficher en looser. Immature et obnubilé par la crainte d’une faillite affective après de sa famille et des amis, il choisit l’option délirante d’un feu qu’il imagine assez discipliné pour ne toucher que le restaurant et faire jouer l’assurance, histoire de repartir à zéro. « Dans mon esprit, cela devait juste être brûlé ». La suite, c’est l’explosion, le brasier. Lui-même est gravement brûlé. Quand il apprend les conséquences, sur son lit d’hôpital, il est terrifié mais son premier réflexe est de nier. Avant d’avouer devant les preuves accumulées par les gendarmes. Hier soir, l’audition des enquêteurs a permis de lever un ultime doute : Thivel a agi seul, sans aucune complicité.
L’examen des faits se poursuit ce matin avant un long défilé des parties civiles. Plusieurs personnes n’ont dû leur salut qu’à la présence d’un velux sur le toit ou parce qu’elles ont pu atteindre l’échelle des pompiers. Mais au premier étage, une mère et sa fille de 13 ans sont restées prisonnières. Réfugiées dans la salle de bains, elles ont tout tenté : appeler le 13, mettre du linge humide… Bérénice Angelone, 42 ans, et sa fille Angélique Marquat, 13 ans, sont mortes étouffées par les fumées. La main dans la main.

Les travaux de rénovation ont commencé

Pendant de longs mois, les murs noircis de la façade rappelaient le drame qui s’est produit dans la nuit du 15 au 16 septembre 2009. Depuis un peu plus d’un mois, les propriétaires de l’immeuble ont entrepris sa reconstruction. De très importants travaux de démolition sont en cours, la façade devrait être conservée mais tout reste à faire à l’intérieur. Il serait prévu un premier et un deuxième étage destinés à des habitations et un commerce en rez-de-chaussée. Dans la commune, l’approche du procès a fait remonter bien des souvenirs à la surface et notamment celui de cette jeune collégienne et sa mère, qui ont péri dans l’incendie.
http://www.leprogres.fr/rhone/2011/06/15/incendie-mortel-d-amplepuis-le-restaurateur-assume

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