mardi 14 juin 2011

Quatre jours de procès pour revivre la fusillade mortelle de Priay

Bourg-en-Bresse. Trente mois après une course-poursuite depuis Bourg-en-Bresse, qui s’était soldée par la mort d’Alain Arnoldi, abattu par les policiers dans l’arrière-cour d’une boulangerie de Priay, Fred Dramé, le complice, 35 ans, comparaît jusqu’à vendredi devant la Cour d’assises de l’Ain.
Témoins ou acteurs, ils n’oublieront jamais de leur vie. Policiers, gendarmes ou simples passants, ils s’apprêtent à défiler, à partir d’aujourd’hui, dans la grande salle du palais de justice de Bourg-en-Bresse. En tant que parties civiles pour dix-huit d’entre eux, jamais ils n’oublieront la course-poursuite à 200 à l’heure sur les petites routes de la Dombes, les balles de gros calibre sifflant à leurs oreilles, les coups de feu échangés au milieu des piétons impassibles, inconscients ou paralysés par la peur.
Trente mois après la fusillade mortelle de Priay, qui avait causé la mort d’Alain Arnoldi, braqueur quinquagénaire sur le retour, son complice Fred Dramé, 35 ans, qui l’avait accompagné tout au long de cette folle cavalcade du 5 décembre 2008, comparaît à partir de ce matin devant la Cour d’assises de l’Ain. Interpellé après la bataille, au soir d’une journée éprouvante qui avait transformé le village de Priay en camp retranché, l’homme devra répondre de complicité de tentatives de meurtre sur dépositaires de l’autorité publique, association de malfaiteurs et extorsion avec arme. Le tout en état de récidive. Lui-même blessé par balle à l’épaule, au cours de la cavale, Fred Dramé avait reconnu, pendant l’instruction, que le duo, qui aurait dû être un trio ce jour-là, préparait bien un braquage du côté de Pont-d’Ain.
Libéré de prison quelques mois auparavant, l’homme avait repris illico du service. Tout comme Arnoldi, ancien du « gang des motards » sorti de prison en décembre 2007. Affaibli par une sclérose en plaques, celui-ci était engagé dans une sorte de fuite en avant qui s’avérera quasi-suicidaire.
Depuis plusieurs mois, les deux hommes étaient surveillés à distance par la PJ de Lyon, qui les avait suivis au cours de repérages de bijouteries à Rillieux, Mâcon, Belleville, Villefranche ou encore Ambérieu. Le 5 décembre, c’est une patrouille de policiers en civil de Bourg-en-Bresse, intriguée par une Audi RS6 avec une plaque jaune à l’avant et blanche à l’arrière, qui allait involontairement tout déclencher. Demi-tour, appel radio, demande de renforts de motards occupés à un contrôle d’alcoolémie. Les policiers qui se portaient à hauteur de l’Audi constataient que le conducteur était postiché. C’était le début d’un incroyable périple, qui se terminera par des échanges de tirs nourris dans l’arrière-cour d’une boulangerie de Priay.
Bilan humain : un policier touché aux genoux, cinq autres plus légèrement blessés, et un homme à terre, pour toujours, Arnoldi, abattu après sommations par les policiers. Bien qu’absent, il sera le personnage principal du procès qui démarre aujourd’hui. Fred Dramé n’a pas l’intention d’endosser un costume trop grand pour son second rôle.
http://www.leprogres.fr/ain/2011/06/14/quatre-jours-de-proces-pour-revivre-la-fusillade-mortelle-de-priay

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