Le verdict est tombé tard vendredi soir. Au terme de deux jours de procès devant la cour d'assises de la Marne, à Reims, Dominique Bousrez a été reconnu coupable de viols et atteintes sexuelles sur ses deux petites filles, âgées de 3 et 4 ans au moment des faits, commis en 2008, et condamné pour cela à huit ans de réclusion criminelle. Il devra en outre se soumettre à un suivi socio-judiciaire pendant 5 ans ainsi qu'à des obligations de soins.
S'il ne respectait pas ces dernières obligations, il écoperait alors de trois années supplémentaires.
Enfin, l'autorité parentale qu'il exerçait jusque-là sur ses enfants lui a été retirée et son nom figurera désormais au fichier des délinquants sexuels.
La mère des fillettes, Sandrine Mondolot, a quant à elle été acquittée des chefs d'atteintes sexuelles. Celle-ci a toujours nié les faits qui lui étaient reprochés en dépit des accusations portées par ses propres enfants qui l'ont à plusieurs reprises mise en cause au cours de la procédure.
Mais la question de sa responsabilité n'a cependant pas manqué d'être posée par l'avocat général Cédric Mestre lui-même, en raison notamment de la schyzophrénie dont elle est atteinte. Ni perverse ni dangereuse, elle pourrait avoir néanmoins subi une altération importante du discernement, ont estimé les experts.
Le père, en revanche, n'a manifestement pas laissé s'immiscer le doute dans l'esprit des jurés. Ce n'est pas faute, pourtant, d'avoir fait preuve, à travers ses diverses déclarations, d'une fâcheuse tendance à se défausser et à minimiser ses actes. L'intime conviction de sa culpabilité l'a cependant emporté, sans aucun doute facilité par un certain nombre d'éléments accablants qui ont été énoncés au cours des débats à l'encontre de ce père de famille de 54 ans.
Celui-ci n'en est pas moins resté imperturbable, tant face à l'évidence, que devant l'insoutenable réalité des scènes dont il a lui même fini par livrer les récits. Aussi peut-on « légitimement se poser la question, s'est interrogé l'avocat général : N'y a-t-il pas eu beaucoup plus de scènes quand on voit les séquelles infligées à ses filles ? » Trois ans après les faits, la plus jeune est en l'occurrence toujours hospitalisée dans le cadre d'un suivi psychiatrique.
Quant à l'aînée, elle va « un peu mieux, mais cela pourrait resurgir à l'adolescence » a rappelé le ministère public. Et Cédric Mestre d'affirmer sa propre conviction : « Dominique Bousrez est coupable d'avoir réduit en miettes deux petites filles ».
« Huit ans, c'est la peine que je prononcerais si j'étais juré à votre place » a-t-il déclaré pour finir. Les jurés l'ont suivi au chiffre près.
http://www.lunion.presse.fr/article/marne/viols-et-atteintes-sexuelles-incestueuses-le-pere-condamne-la-mere-acquittee
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