En mars dernier, une mère à la recherche de sa fille criait son désespoir dans les colonnes de notre titre. Son excompagnon a enlevé leur fille de 6 ans, alors qu’elle jouait dans le jardin de la grand-mère maternelle, quartier de la Fontonne à Antibes.
Nous sommes le 20 décembre et l’homme se volatilise dans la nature sans donner de nouvelles. Le couple se disputait depuis quelque temps la garde de cet enfant, mais elle venait d’être accordée à la mère par une décision de justice.
« J’avais peur qu’on m’empêche de la voir »
Les relations se dégradent lorsque le père est incarcéré en maison d’arrêt pour une affaire d’escroquerie. « Pendant quinze jours, je ne lui ai pas amené la petite en prison, c’est vrai. Mais je ne l’ai jamais empêché de voir sa fille et je ne l’empêcherais jamais », a déclaré la mère, âgée de 34 ans, à la barre du tribunal correctionnel de Grasse hier matin.
L’atmosphère était tendue entre les deux parties. L’ex-concubin sur le banc des prévenus a tenté de faire valoir son autorité parentale. « J’ai les mêmes droits qu’elle sur ma fille. J’avais peur qu’on m’empêche de la voir et j’ai pris cette décision stupide », a-t-il reconnu.
Quatre mois de cavale en région parisienne
Une petite fille otage d’une séparation conflictuelle. Stéphane S. n’aurait pas supporté que son ex-compagne entretienne une nouvelle liaison alors qu’il est retenu dans sa cellule. « Elle a le droit d’avoir un amant. Ce n’est pas une raison valable pour la menacer à outrance comme vous l’avez fait », lui a rétorqué, Franck Robail, président du tribunal.
Le jour où il décide d’emmener sa fille, en Seine- Saint-Denis, Stéphane S. est activement recherché par la police nationale. Un mois auparavant, il a rompu le contrôle judiciaire qui lui était imposé en enlevant le bracelet électronique de sa cheville. Une « évasion » qui va précéder l’enlèvement. « J’avais inscrit ma fille à l’école, elle faisait de la natation. Tout allait bien », raconte le prévenu. C’est lors d’une convocation au commissariat pour de nouveaux faits d’escroquerie, qu’il est confondu par les services de police. « Ce qui est étonnant c’est que vous avez appelé deux fois la gendarmerie de Cagnes-sur-Mer pour évoquer la garde de votre fille », rappelle le président.
Les médias alertés, des affiches placardées
Pendant ce temps-là, la mère de famille remue ciel et terre pour retrouver son enfant. « Elle a alerté les médias, créer un blog, coller des affiches. Elle ne savait plus quoi faire », a plaidé pour la partie civile, Me Deborah Levy.
Ce à quoi la défense, représentée par Me Flori, répond : « Mon client ne savait pas qu’une décision de justice venait d’être rendue. Il ne voulait pas nuire aux droits de la mère ». Le casier judiciaire chargé de l’accusé dénote une personnalité ambiguë. « On peut parler d’enlèvement à partir du moment où rien n’a été organisé dans l’intérêt de l’enfant », a relevé le représentant du ministère public.
Le tribunal a décidé de dépasser les réquisitions du procureur (un an requis) et a condamné Stéphane. S à la peine de dix huit mois d’emprisonnement.
Il devra également s'acquitter de 3000 euros de dommages et intérêts.
http://www.nicematin.com/article/papier/fugitif-il-enleve-sa-fille-18-mois-de-prison
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