A la cour d’assises de l’Aude, les jurés ont plongé depuis lundi soir au coeur de la villa de la Grenouillère et de la scène du crime de Castelnau-le-Lez. "Ces photos sont nécessaires" leur explique le président Duchemin, tandis qu’un technicien de la gendarmerie fait défiler en gros plan et sur grand écran les multiples traces sanglantes relevées par les enquêteurs. Celles provoquées par les coups de fusil. Celles qui jalonnent les allées et venues de Belkacem, qui s’est blessé en tirant et en a effacé certaines. Et celles que Jean-Michel Bissonnet lui-même a épongé avec une serpillère, à son arrivée sur place, pendant qu’il appelait au secours les gendarmes.
"Imaginez ce que c’est de se retrouver face au cadavre de sa femme"
Son comportement autour du cadavre de son épouse, ce 11 mars à 22 h, avant que n’arrivent les enquêteurs, ne cesse d’intriguer. Il a semble avoir soigneusement plié sa veste sur une chaise, avoir couvert le visage de sa femme, éteint la télé, monté le chien à l’étage, et passé une serpillère près du corps. "N’est-ce pas une coïncidence troublante qu’à quelques minutes d’intervalle l’assassin de votre femme et vous-même ayez exactement le même comportement, c’est à dire essuyer du sang ?" relève l’avocat général Manon Brignol.
"Je vis un moment terrible, et ça me tue ! Ça me tue !"
"Tout est parti de là, Bissonnet a modifié la scène de crime, c’est donc un criminel !" hurle l’accusé, les mains nouées sur le micro. "Imaginez ce que c’est de se retrouver face au cadavre de sa femme. Je vis un moment terrible, et ça me tue ! Ça me tue !" La magistrate énumère les différences entre son récit d’aujourd’hui et ce qu’il avait déclaré, aux gendarmes ou au juge d’instruction. "Si j’avais voulu modifier la scène de crime, je l’aurait fait. J’aurai pu prendre le corps de Bernadette pour la mettre dans la voiture et l’emmener à l’hôpital !" "Mais ce n’est pas ce que vous faites, vous avez essuyé le sang dans le hall.»
"Pourquoi ça... Je t’aime..."
Après l’image, les jurés ont eu droit au son, avec la diffusion de l’appel passé par Jean-Michel Bissonnet aux gendarmes juste après la découverte un crime. Un document difficilement audible, mais poignant : il pleure, hurle, gémit comme une bête blessée à mort. "Mon amour, ma Bernadette... Pourquoi y’a tout ça ? Y’a du sang partout... Pourquoi ça... Je t’aime... Pourquoi on t’a fait ça ? Qu’est-ce qui s’est passé ?" La question, aujourd’hui encore, reste posée.
Avis aux internautes
Aujourd'hui mercredi 16 novembre et demain jeudi 17 novembre, il n'y aura pas de direct du procès Bissonnet sur midilibre.fr. Rendez-vous de nouveau, pour vivre le procès de l'intérieur, à partir de vendredi 18, ainsi que pour la reprise des débats le lundi 21 aux alentours de 9 h 00.http://www.midilibre.fr/2011/11/15/pourquoi-il-y-a-tout-ca-il-y-a-du-sang-partout,417755.php
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire