mercredi 16 novembre 2011

Procès AZF en appel. Quand l'ancien patron défend la sécurité de l'usine

Thierry Desmarets, PDG de Total en septembre 2001 lors de l'explosion de l'usine AZF, a finalement fait le déplacement jusqu'à Toulouse pour déposer devant la cour d'appel. Un contre-pied tout en contrôle, comme sa déposition.
« J'ai compris la semaine dernière que ma demande de report ne soulevait pas l'enthousiasme, si je peux me permettre ce résumé. J'étais à l'étranger. Je suis revenu en urgence… » A la barre de la cour d'appel, Thierry Desmarets s'offre ce clin d'œil en réponse à une question de son avocat, Me Jean Veil. Une manière de tirer un trait, à son avantage, sur une polémique qui, la semaine dernière, avait enflammé l'audience sur l'explosion de l'usine AZF le 21 septembre 2001. Jeudi dernier, à l'annonce du voyage à l'étranger du PDG, le président de la cour Bernard Brunet et certains représentants des parties civiles s'étaient émus de ce qui avait été perçu, peut être à tort (?), comme un certain détachement vis-à-vis du tribunal. Et cette absence annoncée devait encore pimenter la reprise des débats hier. Manqué.
Thierry Desmarets, 65 ans, a préféré quitter l'Asie pour se présenter à Toulouse. Parfois, il convient de savoir aménager son agenda. Nul doute que la défense de Total a su convaincre « Le Président » de rentrer en Europe. Cette visite dans la Ville rose, l'homme qui a conduit Total au quatrième rang mondial des « pétroliers », le premier européen, l'a voulu discrète. Pas d'annonce, pas de photo, pas de déclarations autres que celles faites en réponse aux débats et un départ invisible juste après sa déposition d'un peu plus d'une heure.
Costume gris, cravate de couturier, derrière de fines lunettes, l'homme maîtrise son sujet. On devine malgré tout une certaine tension, preuve que même quand on a dirigé 100 000 collaborateurs et géré 1 000 sites repartis sur l'ensemble du globe, il n'est jamais simple de s'exprimer devant un tribunal. Surtout avec l'étiquette de prévenu dans le dos. Pourtant hier aucun piège ne guettait puisqu'il s'agissait d'évoquer l'organisation de Total et sa filiale Grande Paroisse. L'occasion pour Thierry Desmarets de répéter encore et toujours que la sécurité restait la priorité des priorités.
« Vous avez déclaré que vous n'aviez jamais refusé un investissement en matière de sécurité », indique le président. « C'est la stricte vérité telle que je l'ai vécue », répond l'ancien PDG. À propos de la sous-traitance, au cœur de l'accident selon les parties civiles, sa réponse se veut positive : « La sous-traitance ne doit pas se faire au détriment de la sécurité. Tout le problème dans l'application de cette règle est de bien trouver la ligne d'équilibre. » Quant à savoir si Total voulait se séparer de Grande Paroisse, ce que Me Bisseul comprend dans des comptes rendus du comité d'entreprise d'AZF, l'ancien PDG est sûr de lui : « Je ne supportais aucune idée de cession. Je ne connaissais aucun projet de cession et je n'ai pas demandé d'étude de projet de cession ! »
« Le Président » doit revenir le 7 février pour parler de la commission d'enquête interne. Cela devrait être plus agité.

http://www.ladepeche.fr/article/2011/11/16/1216908-proces-azf-en-appel-quand-l-ancien-patron-defend-la-securite-de-l-usine.html

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