"Il y a eu une rumeur disant que c'était dirigé contre M. Chirac qui à l'époque était maire de Paris et député de la Corrèze et à qui il arrivait de prendre le Capitole", a rappelé devant la cour le commissaire Jean-Jacques Plasseraud, aujourd'hui en retraite.
Mais, a-t-il poursuivi, "dans l'enquête, rien ne nous a ramenés vers M. Chirac", pour lequel "il n'y avait pas de réservation" dans ce train.
D'autant, a-t-il expliqué que "le 29 mars 1982 était un lundi, or il ne paraît pas d'usage que les parlementaires rentrent dans leur circonscription en début de semaine. Pour nous, sur le plan de l'enquête, (c'était) sans consistance."
Carlos, qui nie être impliqué dans cet attentat, assure que d'autres personnes l'ont commis et visaient Jacques Chirac.
Quelle preuve en a-t-il ? La bombe, dit-il, était "cachée derrière le siège de Jacques Chirac". "C'est évident !" s'est-il énervé. "Ce jour-là, il était en retard et ça lui a sauvé la vie". Et que l'on puisse penser à une autre piste, "c'est honteux !"
Le révolutionnaire s'appuie notamment sur une interview télévisée de Jacques Chirac du 14 juillet 2001.
Alors mis en difficulté par le journaliste qui l'interroge sur ces voyages "payés en espèces", le chef de l'Etat répond alors qu'il le fait "pour des raisons de discrétion et de sécurité".
Appels de revendication "bidon" minute."
L'attentat dit "du Capitole" est l'un des quatre pour lequel comparaît Carlos jusqu'au 16 décembre.
Selon l'accusation, le révolutionnaire aurait ainsi voulu faire pression sur le gouvernement pour obtenir le libération de sa compagne allemande, Magdalena Kopp, et du Suisse Bruno Bréguet, deux membres de son groupe arrêtés en février 1982 avec des armes et des explosifs.
Quelques jours plus tard, un courrier au ministre de l'Intérieur, Gaston Defferre, réclamait leur libération "dans un délai de trente jours", ultimatum assorti de "menaces de guerre" contre la France. Les empreintes digitales de Carlos étaient identifiées sur le document.
Un mois plus tard, une bombe explosait dans la soute à bagages du wagon numéro 18 du train express Paris-Toulouse faisant 5 morts et 28 blessés.
C'était "une vision d'horreur", a raconté Jean-Jacques Plasseraud. "Au fur et à mesure que je progressais vers l'avant, il n'y avait plus rien, (...) plus de compartiment, (...) plus de structure", mais "beaucoup de sang, de verre et de morceaux de chair".
Trois heures après, des "amis de Carlos" revendiquent l'attentat auprès de l'Agence France-Presse. Le lendemain, c'est la préfecture de police qui reçoit un coup de fil "au nom de l'amicale terroriste de Carlos", coup de fil suivi d'un appel identique à l'AFP.
Si Bréguet et Kopp ne sont pas libérés, dit au téléphone le correspondant anonyme, "nous avons d'autres projets encore plus désastreux".
"Le mouvement des amis de Carlos... ça fait pas très sérieux, c'est des gens qui ont fumé un pétard", a plaisanté jeudi l'accusé, qui assure que ces revendications, "ça n'a rien à voir avec nous".
Pour la première fois, il est d'accord avec l'avocat général, Jean-François Ricard, pour qui Carlos est bien impliqué dans l'attentat, mais n'a rien revendiqué : à ses yeux, "ces trois appels téléphoniques sont bidon". Et pour cause, car "la fameuse lettre envoyée à Gaston Defferre" avait été rendue publique "trois semaines plus tôt" et cela "pouvait servir à n'importe quel farfelu pour faire une quelconque revendication".
http://www.lepoint.fr/societe/pour-carlos-l-attentat-du-capitole-en-1982-visait-chirac-c-est-evident-10-11-2011-1394908_23.php
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